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27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
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DE M A L T H E. Liv. XXI. Chap. VII. 89

la ruine de son Ordre; & dans l’appréhension continuelle que l’âge & les fa- SectiomTligues ne terminassent ses jours, avant qu’iì eût eu la satisfaction de voir la M.Religion en posseíìion d’un Etablissement fixe. Histoire

S II survint néanmoins deux difficultés, auxquelles on ne s’attendoitpoint,qui obligèrent le Grand-Maître à retarder son départ. L’une fut , que lors- EiabUffie-qu’il s’agit de faire passer des grains à Malthe, le Viceroi de Sicile exigea ment dansles droits de traite foraine ; & l’autre ,que le Maître de lamonnoye fit signi- , de

fier au Conseil, que l’Empereur ne souffriroit pas qu’on en battît, à Mal- ee

the, à d’autre coin que le sien, & même par ses seuls Officiers. Ces procé- - - —

dés excitèrent un murmure général parmi les Chevaliers ; quelques-uns des Difficultésplus emportés proposèrent au Conseil de renvoyer sur le champ à l’Empe-reur l’Acte de donation, comme n’étant qu un piege qu’on leur tendoit pour p ce ^ B i ^les assujettir & les tenir dans une dépendance absolue ; ils vouloient qu’on Sicile,tournât ses efforts contre Modon, où l’Ordre íeroit à couvert des mauvaisdesseins d’un Prince ambitieux, dont les paroles les plus claires en apparen-ce cachoient souvent des équivoques. L’indignation alla si loin que plu-sieurs disoient hautement, qu’il falloit absolument rompre le Traité, queMalthe étoitune Isie stérile’ou plutôt un rocher, où on les affameroitquandon voudroit pour les assujettir, & qui ne valoit pas le parchemin qu’on avoitemployé à écrire l’Acte de donation.

Mais le Grand-Maître & le Conseil plus sages & plus prudens , sansen- j^ guve f letreprendre de combattre ce qu’-od alléguoit, blâmèrent l’emportement des AmhaffitdtChevaliers ,& leur représenterent le danger d’une rupture ouverte, avant que à L’Empe-d’être assurés que le Viceroi agissoit par les ordres de l’Empereur. Pour s’éclair- reuucir des intentions de ce Prince on lui dépêcha deux Ambassadeurs, & ces Mini-stres furent chargés de lui représenter que Sg Majesté Impériale n’ignoroitpas que bien loin de tirer aucune utilité des Isies de Malthe, de Gcze & de laville de Tripoli, elle dépensoit tous les ans plus de trois-cens-quarante-mil-le livres pour entretenir les Garnisons des Places & des Châteaux ; que leshabitans n’y auroient jamais pu subsister, s’ils n’avoient été reconnus detout tems pour regnicoles de la Sicile, & si en cette qualité ils n’avoient pasjoui de la traite libre des grains. Qu’il ne paroissoit pas moins extraordinai-re que par l’Acte de donation l'Ordre fût reconnu pour Souverain, & quecependant on voulût l’empêcher de battre monnoye. Mais quand les Am-bassadeurs firent ces représentations à l’Empereur, ils reconnurent non feu-lement que le Viceroi n’avoit rien fait que par son ordre, mais encore qu’ilétoit bien résolu de leur refuser ces deux privilèges ; & à l’égard du der-nier fur-tout, il déclara qu’il ne souffriroit point que l'Ordre battît mon-noye, ni qu’aucune autre eût cours dans fille que celle qui seroit frappéeà son coin.

Ce refus auroit été suivi infailliblement de îa rupture du Traité, si lesdeux Ambassadeurs eussent suivi au pied de la lettre leur Instruction, maisils trouvèrent l’affaire assez importante pour en écrire au Grand-Maître &pour demander de nouveaux ordres. Le Conseil fut plus irrité que jamaisdu procédé de l’Empereur, parcequ’il étoit visible qu’il vouloit rendre l’Or-dre eiclave de ses volontés. Le Grand-Maître eut bien de la peine à cal-

lotìu Alil. Ap mer