A M U R A T H IV. D IX-S E P T I E M E S U L T A N. 109Turcs s’avancerent pour les charger,& donnerent dans f embuscade; mais 1633.ayant eu cinq-cens hommes de tués , Abusa les fit arreter, & commandaaux: Tartares d’attaquer 1 aile droite, & aux Moldaves avec les Vainquesd attaquer la gauche, tandis qu’à la tête des Turcs il fondroit fur le Corpsde bataille. Mais les Polonois soutinrent si courageusement le choc , &les Moldaves & les Vainque? se battirent si mollement, qu ’Abasa fit sonnerla retraite, bien-qu’il envoyât un Courier au Sultan pour lui annoncer qu’ilavoit remporté une grande viótoíre. On ajouta d autant plus aisément foià cette relation, que Ladislas , qui étoit engagé dans une guerre avec lesRusses, envoya un Ambassadeur à la Porte pour traiter de la paix. Amu-rath, pour Foblig'er d’accepter les conditions qu’il demandoit, lui parla fiè-rement , déclara la guerre aux Polonois, & partit pour Andrinople, fei-gnant de faire de grands préparatifs. Mais ayant appris que les Russes a-voient été obligés de demander la paix, il jugea à-propos d’envoyer un Ara.bassadeur en Pologne pour renouveller les anciens Traités., Cela ne servitqu a fournir aux Polonois une occasion favorable de mortifier son orgueil ;car le Roi & la Diette irrités du traitement fait a leur Ambassadeur, & dela violation des Traités, congédièrent 1 Envoyé Turc, après lui avoir faitdes reproches fur les procédés de la Porte.
Amurath , qui avoit dessein de tourner toutes ses forces contre les Per- paìsTcon-fans, fut assez embarrassé de trouver tant de fermeté chez les Polonois, c ‘ ue -d’autant plus qu’ils avoient une armée de quatrevingt-mille hommes en Po-dolie. Mortaza Pacha,l’un des Visirs du Divan, fut chargé de rejetter lafaute de tout ce qui s’étoit passé fur Abafa, & d’offrir même de le punir,ii les Polonois vouloient faire la paix. Le Pacha en écrivit au Général Po-lonois, & fut si bien le tourner, qu 'Abafa ayant été étranglé (*), on con-vint des conditions suivantes; que les Vaivodes de Moldavie & Je Vala-quie feroient confirmés par le Sultan, du consentement & à la recomman-dation du Roi de Pologne; que Canthnir abandonneroit la Province de Bu-jak; & que les Polonois empêcheroient à f avenir les Cosaques de faire descourses fur la Mer Noire. Que les Turcs renonceraient pour toujours à tou-tes prétentions de tribut de la Pologne, & qu’ils ne bâtiraient aucun nou-veau fort fur la Frontière.
Avant le départ du Sultan pour Andrinople, il y eut vers la mi-Septem- Feu ter*bre un incendie terrible à Constantinople , qui réduisit le tiers de la ville en Able.cendres. Le feu consuma vingt-cinq-mille maisons, deux cens Mosquées,la Bibliothèque du Mufti &le quartier des Janissaires, où il y avoit trois-censchambres. Ce malheur toucha sensiblement /ìmurath, qui déboursa des som-mes considérables pour soulager ceux qui avoient le plus souffert (u).
L’année 1043 parut un Edit du Sultan, inoui jufques-là, & contraire à la Le HnLoi de Mahomet, puisque non feulement il donnoit permission aux Cabare-
tiers
(a) Rìcaut, 1. c. p. 84, 85-
(*) Ce ne pem être le fameux Abafa, qui s’étoit au:refois révolté; car suivant les
:, u . rcs ’ 11 íut ivé depuis à Vau. I\ut - ítie faut-il lire Morteza ou Mortaza au-lieuu Abuja.