A M U R A T H IV. DIX-SEPTIEME SULTAN, mimploré le secours de l’Empereur Ferdinand II. mais fans beaucoup de à- 1634-cès. Les I ures, commandés par le Pacha de Bude, entrerent en Iransilva- ———nie au nombre de vingf-cinq-mille hommes. Ragotski détacha Cornu IonLieu tenant-Général avec fept-mille hommes, & lui ordonna de n en pointvenir à une bataille, mais de s’emparer d’un bon poste, en attendant qu ilvînt le joindre. Le Pacha détacha douze - mille chevaux & deux-milie Ja-nissaires avec quelques pieces de canon pour attaquer Cornis: ce Général senut à la tète de ses Troupes, & fondit fur les Turcs avec tant de vigueurque les premiers rangs fe renversèrent fur les fui vans, & qu’ils prirent en-fin tous la fuite. Ils perdirent trois-mille hommes tués fur la place, leur canon& leur bagage ; & fans les Janissaires qui s’étoient retranchés dans un bois,toute l’armée eût été taillée en pieces. Ragotski eut lui-même le bonheurde battre les Turcs en plusieurs rencontres, & brûla deux-mille villages furleurs Terres, deforte qu’ils furent contraints de s’accommoder avec lui: onlui laissa le Gouvernement de Transitasse, moyennant qu’il restituât à E-tìenne les Terres qui lui appartenoient. , A _
En ce teinsJà Amurath étoit arrivé à Arzerum , ou û fit couper la tete Bcvanau Pacha à cause de fes extorsions. Ensuite, voyant que I Arménie etotttou-te déserte, il ordonna à tous les habitans d’v retourner dans l’efpace de vingtjours, mais la plupart étant établis ailleurs acheteront une dispense. LeSultan, quoique naturellement débauché, donna à son armée de trois-cens-mille hommes f exemple d’une patience & d’une frugalité singulières ; il neseservoit que de sa selle pour oreiller, & pour matelas de la couverture deson cheval, il arriva au mois de Juillet devant Revan, & en forma le sié-gé ; la place, pourvue de toutes sortes de munitions & défendue par uneGarnison de quinze-mille hommes, auroit pu tenir longtems ; mais EmirGuni le Gouverneur la rendit à Amurath , qui depuis eut beaucoup décon-sidération pour lui. Quand on apprit à Constantinople 1 a nouvelle de lareddition de cette ville, on fit pendant quatre jours de grandes réjouislan-ces 5 pendant lesquelles on étrangla deux í reres du Sultan Bajcizet & 0 / chai .
On dit que le dernier fe défendit avec tant de cœur, qu’il tua quatre ds fesbourreaux avant que d’être étranglé.
Les Turcs étant entrés en Perse, dévastèrent le Pays, non pas fans fous- Amurathfrit bien des pertes de la part de la Cavalerie Persane & des Montagnards. "" re ~
A la fin manquant de vivres ils fe retirerent dans la Province de Tauris , tuu ’ ne \mais cette Province ayant été ruinée aussi bien que les autres, Amurath enfut li indigné qu’il donna la ville de Tauris au pillage à ses Troupes, & a-yant mis ensuite son armée en quartier d’Hiver s’en retourna au mois deLécembre à Constantinople (a).
Les Persans s’étoient tenus couverts tant qu’ Amurath avoit été à leur por- Per^te; dèsque ce Prince fut parti, ils fe mirent en campagne avec une nom- 8 a “Ç£breufe armée, & vinrent assiéger Van , dont Abusa Pacha avoit ère fait I04Ó-Gouverneur. II défendit la place avec toute la bravoure imaginable, ot tint • rezâ.les Persans quatre mois fans qu’ils pussent fe vanter d’aucun avantage, non-
ob-
(<0 liisaut , T. 1. p. 102-105.