5 (5 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section pour dissiper ses ombrages, lui envoia les Lettres du Roi, par lefquelleáIX. il lui recommandoit seulement ce Gentilhomme, qui alloit à Milan pour-Derniers p es i nt é r êts particuliers & pour des affaires domestiques. Merveille, c’é*Mai/onde toic son nom > eut en ce rems-là querelle avec un Seigneur de la Mai-Valois*. son de Castiglione ; celui-ci passant un jour devant l’Hotel de Merveille- avec des gens armés, insulta ses domestiques; cela donna lieu à un com-bat, & Castiglione fut tué fur la place. François Sforze fit arrêter Mer-veille , 6 c appréhendant qu’il ne déclarât le caractère public dont il étoicrevêtu, il lui fit couper la tête fans autre forme de procès (a). Le Roien fut extrêmement irrité ; il s’en plaignit même à TEmpereur ; ce Prin-ce répondit froidement que Merveille n’étoic qu’un particulier, Sujet duDuc, qui avoit droit de le punir d’un meurtre. L’Ambassadeur de Franceproduisit alors des preuves évidentes que Merveille avoit le caractère d’Am-baffadeur, & que le Duc de Milan l’avoit reconnu pour tel. L’Empereuren fut ravi, parcequ’il découvroit en même tems la fourberie de Sforze,& qu’il étoit par-là irréconciliable avec la Cour de France (b). Le Ducenvoia à la vérité son Chancelier pour faire des excuses au Roi; ce Mi-nistre , quoique neveu de Merveille, fe chargea de cette commission, cequi alluma davantage le feu, au lieu de l’éteindre. Avant la fin de Tannéeil arriva un événement qui chagrina la Cour de France, ce fut la mort duPape Clement VII. qui avoit promis de donner à fa niece en mariage Mo-derne , Pise, Livourne, Parme & Plaisance, & d’unirses armes avec celledu Roi, pour la mettre en possession du Duché d’Urbin (c). Mais Fran-çois I. qui connoissoit son ambition, & son attachement pour fa famille,auquel il avoit sacrifié plus d’une fois fa dignité, fa propre fureté & fa con-science , comptoit principalement fur son secours dans T expédition qu’ilméditoit. Et il n’est pas douteux, que le Pape, après avoir procuré laSouveraineté- de Florence à son neveu, par le moyen de l’Empereur, ne sou-haitât avec passion de voir fa niece Duchesse de Milan par les armes dela France. Sa mort fut donc un grand contretems, & il auroit été heu-reux pour les François qu’i! eût paru assez grand au Roi, pour Tengager àrenoncer à une entreprise, pour laquelle il avoit perdu son principal appuien perdant le Pape.
Le Roi fait La guerre contre le Duc de Milan fut néanmoins résolue , & le Roi fitl(i pierre de grands préparatifs; mais pour entrer dans le Milanés, il falloit obtenir^ f^ssìge par les Etats du Duc de Savoye ; ce qui donna lieu à la guerre122$. avec ce prince. François I. n’en fut pas fâché, parcequ’il avoit divers su-jets dette mécontent du Duc, & il résolut de profiter de cette occasionpour lui faire éprouver son ressentiment. Mais avant que de commencerla guerre, il fit une démarche bien étrange à T égard de la Religion. Mar-guerite, Reine de Navarre, fa soeur bien-aimée, avoit du goût pour lesnouvelles opinions, c’est - à - dire qu’elie avoit du penchant à sc faire Pro-testante. Elle avoit tant d’ascendant sur f esprit du Roi son frere, qu’il fut
sur
(a) Daniel !, c p 377.
(b) Dun.tl 1. c. p. 378.
(c) Cuiccisrnlin , Chdmis, le Gendre.