120 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section la suite, que le Maréchal de Tavanes lui-même avoit fait avertir le Prince;
IX. parcequ’il ne vouloit rien faire contre son honneur (a). Le Prince ne futDerniers paS p [ ut ôt à la Rochelle, que toutes les forces de Réformés vinrent l’yRois de la | ojndre _ La Reine de Navarre avec le Prince de Béarn son fils, depuisSis” Henri iv. s’y rendit avec un bon corps de Troupes. Dandelot assembla
_ 1—les Réformés en deça la Loire & leur fit passer la Loire, nonobstant les
Troupes du Roi, dont le nombre étoit fort supérieur. La Reine Eliza-beth, oubliant les sujets de plainte que le Prince lui avoit donnés, ne con-sulta que son propre intérêt & le bien de la cause Protestante, desortequelle lui envoya cent mille écus d'or, des canons & des munitions deguerre ; desorte qu’il fut en état de- se mettre en campagne. C est ainsique commença la troisième guerre civile , moins de six mois âpres laderniere paix. 0
La Reine voulut encore tenter la voie de la négociation, & pourqueTatnac r* le Princes’y prêtât, elle promit de lui fournir dequoi payer ses Troupes;E rincé de 'mais comme cela auroit été avantageux au Prince & préjudiciable à sesComté est propres affaires, elle manqua à son ordinaire de parole. Les grands froidstuL étant passés, le Duc d’Anjou le mit en campagne avec une nombreuse Ar-îS ^ y * mée- la Reine Temployoit, malgré fa jeunesse, afin d’être aussi maîtressedes Troupes, quelle l’étoit des Conseils. Ce jeune Général avoit avec luile Maréchal de Tavanes, qui avoit mérité le bâton de Maréchal par cin-quante ans de services, il étoit également prudent & brave, & en mêmetems si hardi, qu’il offrit à Catherine de Medicis, du vivant de son mari,de couper le nez à Diane de Poitiers. 11 étoit ennemi juré des Protestans,parcequ’aiant eu quelque démêlé avec l’Amiral, celui-ci l'avoit mal-traitéde paroles (b). II avoit le secret de la Reine, & commandoit en effetau Duc. II y avoit encore le Maréchal de Cosséfrere cadet du fameuxMaréchal de Brissac, galant homme & bon Capitaine, mais qui aimoit labouteille & le plaisir ; & M. de Biron, qui fut depuis Maréchal de Fran-ce, dont il suffira de dire, que bien qu’il fût Protestant dans le cœur, ilétoit bon Catholique pour l’intérêt de fa fortune. Par leur conseil leDuc d’Anjou chercha à combattre le Prince de Coudé, avant qu’il eut étéjoint par un grand secours que lui amenoit œ Du». de Deux-Ponts. II yréussit le iz de Mars, auprès de Jarnac dans l'Angoumois. L’action duralongtems, mais ne fut pas meurtrière, les Reformés, qui furent battus;n’y perdirent que quatre-cens hommes & les vainqueurs deux-cens (b).Le Prince de Coudé, qui avant le combat avoit été blessé à la jambe, au-roit voulu l’éviter,maìs quand une fois on en fut aux mains il agit en hé-ros, mais aiant reçu plusieurs blessures il fut pris; & son cheval s’étantabatu sous lui deux Gentilshommes le mirent au pied d’un buisson. Un mo-ment après le Baron de Montesquieu, Capitaine des Gardes du Duc d An-jou, arriva, & lui cassa la tête d’un coup de pistolet {d). Cette détestableJ aêtion,
(a) Voy, Daniel I. c p. 123, 129 . Tìm L. XLV.
( b ) Mem. de Tavanes . 00 Daniel p. *59. De Thou I. c. Me-,
(c) Daniel 1 . c. p. Gu Mezeray , De zeray, Bravtme Ivlli. VÍU. p. 244.