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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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120 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section la suite, que le Maréchal de Tavanes lui-même avoit fait avertir le Prince;

IX. parcequil ne vouloit rien faire contre son honneur (a). Le Prince ne futDerniers paS p [ ut ôt à la Rochelle, que toutes les forces de Réformés vinrent lyRois de la | ojndre _ La Reine de Navarre avec le Prince de Béarn son fils, depuisSis Henri iv. sy rendit avec un bon corps de Troupes. Dandelot assembla

_ 1les Réformés en deça la Loire & leur fit passer la Loire, nonobstant les

Troupes du Roi, dont le nombre étoit fort supérieur. La Reine Eliza-beth, oubliant les sujets de plainte que le Prince lui avoit donnés, ne con-sulta que son propre intérêt & le bien de la cause Protestante, desortequelle lui envoya cent mille écus d'or, des canons & des munitions deguerre ; desorte quil fut en état de- se mettre en campagne. C est ainsique commença la troisième guerre civile , moins de six mois âpres laderniere paix. 0

La Reine voulut encore tenter la voie de la négociation, & pourqueTatnac r* le Princesy prêtât, elle promit de lui fournir dequoi payer ses Troupes;E rincé de 'mais comme cela auroit été avantageux au Prince & préjudiciable à sesComté est propres affaires, elle manqua à son ordinaire de parole. Les grands froidstuL étant passés, le Duc dAnjou le mit en campagne avec une nombreuse Ar-îS ^ y * mée- la Reine Temployoit, malgré fa jeunesse, afin dêtre aussi maîtressedes Troupes, quelle létoit des Conseils. Ce jeune Général avoit avec luile Maréchal de Tavanes, qui avoit mérité le bâton de Maréchal par cin-quante ans de services, il étoit également prudent & brave, & en mêmetems si hardi, quil offrit à Catherine de Medicis, du vivant de son mari,de couper le nez à Diane de Poitiers. 11 étoit ennemi juré des Protestans,parcequaiant eu quelque démêlé avec lAmiral, celui-ci l'avoit mal-traitéde paroles (b). II avoit le secret de la Reine, & commandoit en effetau Duc. II y avoit encore le Maréchal de Cosséfrere cadet du fameuxMaréchal de Brissac, galant homme & bon Capitaine, mais qui aimoit labouteille & le plaisir ; & M. de Biron, qui fut depuis Maréchal de Fran-ce, dont il suffira de dire, que bien quil fût Protestant dans le cœur, ilétoit bon Catholique pour lintérêt de fa fortune. Par leur conseil leDuc dAnjou chercha à combattre le Prince de Coudé, avant quil eut étéjoint par un grand secours que lui amenoit œ Du». de Deux-Ponts. II yréussit le iz de Mars, auprès de Jarnac dans l'Angoumois. Laction duralongtems, mais ne fut pas meurtrière, les Reformés, qui furent battus;ny perdirent que quatre-cens hommes & les vainqueurs deux-cens (b).Le Prince de Coudé, qui avant le combat avoit été blessé à la jambe, au-roit voulu léviter,maìs quand une fois on en fut aux mains il agit en hé-ros, mais aiant reçu plusieurs blessures il fut pris; & son cheval sétantabatu sous lui deux Gentilshommes le mirent au pied dun buisson. Un mo-ment après le Baron de Montesquieu, Capitaine des Gardes du Duc d An-jou, arriva, & lui cassa la tête dun coup de pistolet {d). Cette détestableJ aêtion,

(a) Voy, Daniel I. c p. 123, 129 . Tìm L. XLV.

( b ) Mem. de Tavanes . 00 Daniel p. *59. De Thou I. c. Me-,

(c) Daniel 1 . c. p. Gu Mezeray , De zeray, Bravtme Ivlli. VÍU. p. 244.