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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 2?íJ

se résolut sans peine, & dabord elle ordonna demballer ses meilleurs ef- Sbctio*sets; mais quand on en parla au Maréchal, bien loin dy entendre feule- xt

ment, on dit quil fit cette étrange réponse, Jai été jusques ici le mi- de

gnon de la fortune, qui ne ma jamais abandonné, je ne veux pas aussi jusquà^' labandonner quelque part quelle me conduise, je veux faire voir au mort du " monde jusqu elle peut porter un homme qui a le courage de la fui- Maréchal vre («). Peut-être lauroit-on fait changer de sentiment ; mais de í ^ ncre 'Luynes qui avoit la même ambition ne lui en donna pas le tems ; il follicitoit ' '

fans cesle son Maître de saífranchir de toute gêne, & à la fin indiqua lemoyen par lequel la chose sefFectua.

11 proposa au Roi de donner ordre ou de tuer le Maréchal, ou de le i e Mari.mettre entre les mains du Parlement, pour quil ne leur donnât plus dem- chai d An-barras; le Roi choisit le dernier; & le Favori proposa dabord de charger cre e fiVitri, Capitaine des Gardes, de larrêter, à quoi le Roi acquiesça (L).

De Luynes parla à Vitri & lui demanda sil étoit résolu dexécuter tout cequi lui seroit commandé de la part du Roi? Vitri ne balança point à lepromettre sous serment. Alors de Luynes, qui ne vouloir pas avoir unelongue conversation avec Vitri, de peur de donner quelque soupçon, luidit quil navoit quà se rendre la nuit aux Tailleries à une certaine heurequil y trouveroit des gens que le Roi avoit chargés de lui faire savoir sesintentions, & quil dévoit écouter tout ce quils lui diroient, comme sillentendoit de la propre bouche de Sa Majesté. Vitri alla ponctuellementau rendez-vous, & fut de la derniere surprise dy trouver Tronçon, hom-me peu considéré, Marsillac qui avoit trahi le Prince de Condé, DeagentCommis du Controlleur- Général Larbin, avec un Jardinier du Château;mais comme il étoit embarqué, il écouta ce quils avoient à lui dire. Laf-faire fut pendant trois semaines fur le tapis, on la communiqua même àbeaucoup de personnes, fans quil en transpirât rien. Enfin on fixa le 24 .dAvril pour lexécution du projet; Vitri saísura de plusieurs Gentilhommesdéterminés, les principaux étoient du Hallier son frere, Persan son beau-frere, Bournonville beaufrere de Persan, Guichaumont & Rigaud Exemptdes Gardes du Corps. Vers les dix heures du matin le Maréchal vint auLouvre précédé denviron quarante Gentilshommes, à qui il donnoit pen-sion , & suivi à quelque distance dun grand nombre dautres, mais les por-tes du Louvre aiant été fermées aussitôt que le Maréchal y fut entré, les der-niers ne purent le suivre. II sarrêta fur le petit point, & sappuya fur labalustrade pour lire une Lettre;Vitri suivi de ses amis savança, les Gen-tilshommes du Maréchal,simaginant que le Roi venoit, leur firent place;alors Vitri le prit dune main par le bras, & lui dit quil larrêtoit par or-dre du Roi, moi reprit vivement le Maréchal, oui vous, répliqua Vitridun ton élevé & en jurant ; le Maréchal fit un pas en arriéré, & portala main fur son épée, fur quoi Vitri dit tout haut, tuez-le, & du Hallier luitira un coup de pistolet dans le cœur,Persan un autre dans la tête,& Gui-chaumont un troisième dans le ventre (c).

(st) Les mêmes.(S) Les mêmes.

(c) Les mêmes.