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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 3 i 5

matin (à). Sar le Midi il s’éleva une tempête qui ébranla fort la digue, Sccttobt& peu de jours après il y en eut quarante toises d’emportées. Si la Fiotte „ xn.de l'Amiral Denbigh étoit arrivée quinze jours plutôt, il auroic ravitaillé la e £ u re ~Place, ou si les Rochelois avoient pu tenir encore quinze jours,ils auroient louìsxjh,été sécourus. Mais la Providence en avoit disposé autrement, & Riche sa 'lieu se vanta qu’il avoit pris la Rochelle malgré trois Rois; Philippe IV. mmqui avoit fourni des secours d’argent aux Rochelois, Charles I.qui dépensades sommes immenses à faire des tentatives inutiles pour les sécourir, &

Louis XIII. qui par ses inquiétudes & ses défiances lui avoit donné plus depeine que les deux autres. Cette importante conquête, dont le Pape Ur-bain VIII. félicita le Roi par un Bref, ne conta pas beaucoup de sang,mais bien quarante millions de livres (b).

Aussitôt que le siégé de la Rochelle fut fini, & que le Roi, après avoir Ducmis ordre à tout dans ces quartiers-là, fut revenu triomphant à Paris, leCardinal proposa une nouvelle expédition aussi fatigante & périlleuse que de Mmtoutcelle que le Roi venoit de terminer, malgré les clameurs des Courtisans feus la pro-& les murmures des deux Reines (c). Vincent de Gonzague, Duc de u ^fen daMantoue, étoit mort il y avoit environ un an, laissant fa succession ou-verte. II regardoit Charles de Gonzague Duc de Nevers , son cousin-ger- aScf *main comme son légitime héritier dans tous les Etats qu’il possedoit à titrede Fiefs de l’Empire, & la jeune Princesse de Montferrat ía niece commehéritière de tout ce qui pouvoit échoir aux femmes. II avoit invité le Ducde Rhetelois, fils aîné du Duc de Nevers, de fe rendre à Mantoue,dans le dessein de le marier avec fa niece, & le mariage fe fit effecti-vement la même nuit que Vincent mourut, les uns disent par son ordre,d’autres, après qu’il fut expiré. Les Vénitiens & la plupart des autresPuissances d’Italie reconnurent Je Duc de Nevers pour Duc de Mantoue,mais l’Empereur trouva à-propos de donner l’investiture du Duché au Ducde Guastalla ; le Duc de Savoye forma des prétentions fur le Montferrat,

& le Roi d’Éspagne fit un Traité avec ces deux Princes, par lequel il s’en-gagea à les sécourir d’hommes & d’argent pour soutenir leurs prétentions,pourvu qu’ils reçussent Garnison Espagnole dans Mantoue & dans Casai, ceque leur intérêt les engagea d’accepter (d). Le Cardinal, qui regardoit lesProtestans comme subjugués, tourna ses pensées vers l’autre partie de sonplan, & représenta au Roi, que puisque la Maison d’Autriche regardoit lenouveau Duc de Mantoue comme déchu de ses droits parcequ’il étoit néen France, Sa Majesté étoit obligée de le protéger.

Les foibíes restes de la Faction Espagnole, que le Cardinal avoit en quel- L* Roi P a Pque façon anéantie, tâchèrent de faire échouer ce projet, & la Reine- f eMere, se porta de bon cœur à s’y opposer. Le Duc de Nevers avoit tou-jours été du nombre des mécontens durant la Régence de cette Princesse,

& ce qui lui fesoit le plus de peine encore, c’est que le Duc d’Orléans étoitépris de Marie de Gonzague fille duDuc,ce qui l’avoit empêché de goûter

(a) Daniel Journ. Hist. de Louis XIII. (c) Mem. de BaíTotnpiere T. II. p. S zXrk> 3 < 5 . & aì- §22. Mem. de Brienne T. II. p. 2.

(J>) Grifeet sous l’an 1628. (d) Nani, Fittorio Siri , Attbtri*

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