330 HISTOIRE DE FRANCE Lïv. XXIÎÏ.
g par le trait suivant. Le Maréchal d’Etrées commandoit alors l’Armée da
t xïl. Roi dans l’Electorat de Treves; il étoit ami particulier de Châteauneuf,Suite dn éc fut bientôt informé de fa disgrâce & de l’emprifonnetnent de du Jars,régns de jj p lU en même tems que ses deux Lieutenans-Généraux avoient reçu unVsu 4 X /à ' paquet de la Cour ; se souvenant alors de ce qui étoit arrivé au Maréchalmolt. a de Marillac, il s’imagina qu’il étoit perdu, & se retira dans le Pays en«
-— nemi. Quatre jours après il fut que la Cour n’avoit jamais pensé à le
faire arrêter, & il envoya un Gentilhomme au Roi & au Cardinal, pourleur demander pardon de fa retraite, avouant ingénument la peur qu'il avoiceue ; on rit à la Cour de fa frayeur & il reçut ordre de retourner à Trê-ves (a). Ce n’étoit pas seulement en France que le Cardinal se fesoit crain-dre, le Pape Urbain VIII. fut obligé à sa réquisition de nommer pour com-missaires l'Archevêque d’Arles, & les Evêques de Boulogne, de Saint Fiour& de Saint Malo, pour informer contre les Evêques de Lodeve , de SaintPons, d’Albi, d’Ufez & de Nifmes, accusés d’avoir eu part à la révoltedu Duc de Montmorenci. Les trois premiers furent absous, & on déposa,les trois autres (h). La Reine-Mere ennuyée de la longueur de son exil,& piquéedu procédé de Monsieur, sollicita le Roi de lui permettre de revenir en Fran-ce, rassurant en même tems qu’elle n’avoit eu aucune connoissance de l'ir-ruption de Monsieur en Languedoc. Le Roi lui répondit, que quant à Tir-ruption, Monsieur n’auroit pu l’entreprendre, si elle n’avoit mis ses pier-reries en gage pour lui fournir de l’argent, & que tant qu’elle n’abandon-neroit pas à fa Justice les gens qui lui donnoient de mauvais conseils, il ne.pouvoit se croire en fureté avec elle dans fa Cour (c).
Charles IV. Duc de Lorraine, ne pouvoit se résoudre à exécuter lelorraine * Traité de Nanci, aiant une grande aversion pour la France, & une haineeedejh E- implacable pour le Cardinal ; il se flata de procurer quelque avantage à sesms au Car - sujets, en cédant ses Etats à son frere, comme il fit, mais cette démarchedînai son ne produisit pas f effet qu’il en attendoit. Le Cardinal Duc de Lorrainejg épousa la Princesse Claude, sœur de Nicole femme de son frere (d). LeCardinal de Richelieu, à la niece duquel le Cardinal Duc avoit prétendudepuis un an , en fut si irrité, qu’il ordonna au Maréchal de la Force d’in-vestir les nouveaux mariés dans Luneville, & la Place s’étant bientôt ren-due , il les conduisit prisonniers h Nanci, où la Duchesse Nicole étoit déja(e). Le premier d’Avril, le Duc & la Duchesse, ennuyés de leur prison,s’échaperent, le premier déguisé en Paysan, & l’autre avec une hotte surle dos (/). En peu de tems toute la Lorraine fut conquise & traitée com-me Province de France. Les Etats. Généraux aiant rompu les négociationsavec l’Espagne pour un Trêve, le Roi signa le 15 d’Avril (g) un Traitéavec eux,par lequel il s’engageoit à leur payer un subside de deux millions,pourvu que d’un an ils ne fissent ni paix, ni trêve avec l’Espagne. La mortde Walstein Duc de Fridiand fut un coup chagrinant pour le Cardinal (h),
(aï Le même p. 79.
(t) Daniel Journ. Hist. p. 44.
(c) Vittorio Siri T. VII. p. C93,
(d) Mam- de Beauvau, p. 47.(îj Le ms.ne.
C f) Le même, p. 49.
(g) Recueil de Pieces pour servir à Hist.de Louis XIII. T. III. p. 254.
(fi) Hist. de Richelieu T. II. p. iî 5 -Mein. de Brieane T. II. p. 88.