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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 4^

comprenoit ce qui se passoit dans leurs Conseils de guerre ausîl claire- Sbctiosment, que s’il y avoir été présent, & il prenoit ses mesures en consé- xiii.quence. On fit cette année, outre le Maréchal Foucault, deux autres LouîsxívMaréchaux, M. de Miossans qui fut appellé le Maréchal d’Albret, & jusqu’à. 'M. de Paluau qu’on nomma le Maréchal de Clerambaut. Paix de

L’année 1Ó54 commença très-agréablement pour le Ministre. RePrince de Conti, qui depuis la reddition de Bourdeaux s’étoit retiré à I TT~Pezenas , s’y chagrinoit lui-même & tout le monde. Comme il ne ^IwduCaûmanquoit pas dans le fond d’esprít, & qu’il avoir eu une bonne éduca- dinai Mo-tion, il prit enfin la résolution de se tirer de peine. II avoir été desti- râ, quiné à l’Eglise & poísedoit de grands Bénéfices; il écrivit au Ministre, f ai ? tout& lui offrit de les lui résigner, moyennant un établissement convenables;^-'avec une de ses nieces. On peut présumer que le Cardinal ne balança 1654.’point, il donna le choix au Prince, qui se détermina en faveur de MileMartinozzi, la plus aimable des trois nieces du Cardinal. Le Prince deCondé écrivit à son frere avec toute saigreur possible, sans faire réflexionqu’il avoir eu pour Richelieu la même complaisance, que le Prince deConti avoir pour Mazarin. Le mariage se célébra au mois de Fevrier (a ),

& le Prince & la Princesse de Conti passèrent toute leur vie pour lecouple le plus heureux de France. Cela n’empêcha pas que le Parlementne fit le procès au Prince de Condé , qu’il condamna par contumacecomme criminel de Leze - Majesté à perdre la vie, & il fut dépouilléde toutes ses Charges & de ses Gouvernemens (b). On donna un arrêtpareil contre tous ses Partisans & ses amis, avec cette différence, qu’onexprimoit le genre de mort auquel ils étoient condamnés. On découvritpeu de tems après que le Prince avoir formé de son côté le dessein de fai-re assassiner le Cardinal Mazarin. Un certain Ricoux avec deux ou troisautres, gagnés pour commettre cet assassinat, furent pris & exécutés.

Mais le Cardinal, soit par un effet de fa douceur naturelle , soit poursoutenir le caractère de modération qu’il affectoit, n’inquietta point despersonnes de qualité qui avoient eu part à l’affaire & particulièrement uneDame de la premiere distinction, qui avoir trempé dans cette intrigue &dans plusieurs autres (c). II n’est pas impossible, que cette dispositionfeinte ou naturelle du Cardinal, n’ait encouragé le Parlement à tenterses anciens procédés. Un jour qu’il s’étoit assemblé extraordinairement,ce qui allarma le Cardinal, le Roi partit de Vincennes en habit de chasse,entra au Parlement en grosses bottes & le fouet à la main, alla s’asseoirdans la Place du Premier Président, & dit, qu’il ne prétendoit pas qu’il,«'assemblassent extraordinairement fans fa permission (d). Cette démar-ché fit plus d’effet que tous les Edits & toutes les Déclarations n’avoientfait jusques * là ; on cessa les assemblées, & même de faire des remontran-

(a) Mem. de Motteville T. V- p. 168. Siecle de Louis XIV. T. I. Ch. 4. p. m. 89.Meni. de Brienne l c. p 173 Abrégé (c) Mem. de Motteville l. c . p, jgo."Chron. de l’Hilt. de France ubi Jup. p. 432, O) Les mêmes, p. 176. Aiibtri Hist. du433- . Card. Mazarin T. II. p. 438.

(d) Hist. da Prince de Condé' p. 392.