HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 4s?
J’Alface ou des trois Evêchés, mais qui avoient passé fous d’autres Maî- Sectiowtres. Plusieurs Princes de l’Empire, l’Electeur Palatin, le Roi d’Efpagne Xv umême, qui avoit quelques Bailliages dans ces Pays, furent cités devant ces LouiTxlvChambres pour rendre hommage au Roi de France , ou pour subir la con- depuhfiscation de leurs biens. L’Electeur Palatin & celui de Trêves furent dé- 1679 jus-pouillés de plusieurs Seigneuries; ils en porterent en-vain leurs plaintes à l ?la Diete de Ratisbonne, elle fe contenta de faire des protestations. L’in-trigue & la terreur, qui avoient ouvert à la France les portes de tant de KySvilles, lui ouvrirent celle de Strasbourg, donc les Magistrats furent gagnés.
Les habitans que l’amour de la liberté avoir maintenus depuis tant de sié-cles dans la jouissance de leurs privilèges, fe virent au milieu de la paixassujettis à un Monarque despotique, Ói leurs remparts environnés de vingtmille François (a).
Pendant que Louis étendoit ainsi fes Etats par la fraude & l’intrigue, il Son applî-n’oublioit pas de sottisier l’intérieur de son Royaume. Le Port de 'Fou- catio1 } auxIon fut construit à fraix immenses, pour contenir cent vaisseaux de guerre,avec un Arsenal & des magazins magnifiques ; le Port de Brest fe formoicavec la même grandeur ; Dunquerque & le Havre de Grâce fe remplissoientde Vaisseaux. La nature étoit forcée à Rochefort. Enfin Louis avoitplus de cent gros vaisseaux de ligne, donc plusieurs porcoienc cenc canons& quelques - uns davantage.
Il donna des preuves de fa puissance fur mer, avantageuses à la Chrétienté. U oblige lesLa Méditerranée étoit couverte de Corsaires, qui ruinoient le commerce. Etats d ?
II envoya du Quefne avec une Escadre à Alger, bombarda cette ville, & **
contraignit fes féroces habitans à lui faire des fournissons. Ce fut dans jhlmìjjìoiv.cette expédition que les François fe servirent pour la premiere fois de Ga- 16Z2.liotes à bombes, inventées par Bernard Renaud, tiré de l'obfcurité par lapénétration de Colberc, qui ne manquoit jamais de rendre le génie utile àl’Etat. Tunis & Tripoli suivirent l’exemple d’Alger. La frayeur qu’infpiracette ville deux fois bombardée, à la faveur du nouvel arc, porta les au-tres Etats de Barbarie à la soumission, ils rendirent tous les Esclaves Chré-tiens à l’exception des Anglois. Damfreville, Capitaine de vaisseau, étantvenu à Alger pour recevoir les Esclaves ; ceux qui étoient Anglois préten-dirent que c’étoit en considération du Roi d’Angîeterre qu’ils étoient misen liberté, fur quoi Damfreville les fit remettre à terre (Jb) (*).
(<j) Siécle de Louis XIV- ubi sup. p. 239. (J) Le môme p. 246.
(*) Un peu après le second bombardement d’Alger mourut. M. Colbert, !e plusgrand Ministre que la France ait eu, & le plus fidele des serviteurs de Louis XIV.Son application, son industrie & son génie avoient rendu ìa France puissante sur mer,& étendu son commerce dans toutes les parties du monde. Ce fut son habiletéque Louis fut redevable des moyens nécessaires pour soutenir tant de guerres péril-leuses, où l’Europe a été depuis engagée. Ce fut Coibert qui le mit en état detioubler le repos de la Chrétienté. Louis abusa des grands talens de son Ministre, sipropres à le rendre puissant, à le faire aimer, à le rendre les délices de í'es peuple*& l objet de l’admiration de tout l’Unívers.
Tome X XXL M m m