HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
Ces avantages furent plus que contrebalancés par les pertes réitérées & Sectionles disgrâces fur le bas Rhin. Villeroi & Boufflers s’emparerent de Ton* xvii.grès, dans la vue de secourir Bonn, que le Duc de Marlboroughaíîìegeoit. lo^sxiwC ette Place se rendit à la vue des Généraux François; ils fe retirerent avec ^wsprécipitation à rapproche de Marlborough, firent sauter les fortifications 1698 jusde Tongres & fe retirerent dans leurs lignes, que les Généraux Coehoorn ì u ’ à l ’“n& Sparlforcerent par deux côtés. Boufflers remporta quelque avantage fur I710 'le Général d’Obdam à Ekeren du côté d’Anvers. On chanta le Te Deum Suris basà Paris ; cependant la victoire fut si douteuse que Boufflers fut entierement Rlim ’disgracié , & que les Etats Généraux ôterent le commandement à M.d’Obdam. L’un & l’autre perdirent le fruit des longs services qu’ils avoientrendus, aiant donné des preuves de leur zele, de leur courage & de leurcapacité en bien des occasions. Villeroi fit quelque semblant de vouloir at-tendre les Alliés dans son camp de Saint -Jol; mais quand Marlborougvint à lui, il mit le feu à son camp , & se retira promptement dansses lignes. Les Alliés affiegerent & prirent alors successivement Ilui,Limbourg & Gueldres.
La face des affaires étoit plus favorable aux François en Italie. Le peu Succès disde foin de la Cour de Vienne obligea les Impériaux à s’y tenir fur la François endéfensive. Les François, après avoir pris Bersello , s’emparerent des ItaUí 'Etats du Duc de Modene. Le Duc de Vendôme aiant découvert ieTraité secret du Duc de Savoye avec l’Empereur, fit désarmer les Trou-pes du Duc. Ce Prince irrité de cette violence fit arrêter l’Ambafladeurde France. Louis lui écrivit alors une Lettre fulminante, où il lui mar-quoit, que puisque ni la religion, ni l’honneur, ni l’intérêt, ni les enga-gemens les plus solemnels n’étoient capables de le retenir, le Duc de Ven-dôme étoit chargé de lui communiquer quelques propositions, auxquellesil falloít qu’il répondit définitivement dans l’espace de vingt-quatre heu-res. Cette Lettre ne servit qu’à éloigner davantage le Duc ; il fit sonTraité avec la Cour de Vienne, reconnut l’Archiduc pour Roi d’Espa-gne, & fit partir des Envoyés pour la Hollande & pour l'Angleterre,chargés de communiquer fa disposition à entrer dans la grande Alliance.
Peu après un corps de Cavalerie Impériale fous Je Général-Visconti vintjoindre le Duc, & ensuite le Comte de Staremberg lui amena quinzemille hommes, aiant fait une des plus belles marches par le Pays enne-mi , gardé par un Général tel que Vendôme.
Cette même année Louis vit un nouvel ennemi fe déclarer contre lui. Le Roi deLes Ministres Portugais considérant le risque que couroit le Royaumepar la réunion des Couronnes de France Óc d’Espagne ; embarrassés duséjour des Flottes alliées fur leurs côtes, & éblouis par l’efpérance du wmariage de l’Infante de Portugal avec l’Archiduc Charles, prétendant àla Monarchie d’Espagne, engagerent le Roi à entrer dans la grande Al-liance; ce Monarque signale Traité avec l’Empereur, la Grande Breta-gne & les Etats-Généraux. On convint que la Flotte des Alliés trans-porteroit le Roi Charles en Portugal ; qu’il seroit accompagné de douzemille hommes, & qu’on fourniroic de l’argent à. des armes, & que le