jusqu’à laPaix deRastadt.
518 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
SscTfON le sentiment de son petit-fils fur ce sujet. Gaultier informa donc les Mi-XìX. niíbes du Congrès de la raison du retardement, qui étoit que Philippe n’a-Píijloirí de vo j t paS enco re rendu réponse.
d’Utrecht, Louis prévoiant les difficultés qui naissoient de la mort du Dauphin & deb de ce qui tant d’autres Princes du Sang, fit part de ses sentimens au Roi Catholi-s’efi passé que , dès le mois de Mars, s’en rapportant à lui fur l’alternative de conti-nuer la guerre. ou de renoncer à la Couronne de France. II lui conseil-loit d’examiner mûrement l’état des affaires en France & en Espagne,les moyens qu’ils avoient de continuer la guerre, de consulter fa propreinclination, & de prendre son parti en conséquence. Les négociationsfurent suspendues, jusqu’à ce qu’on eût la réponse de Philippe, parce-qu’on regardoit cet article comme essentiel, pour prévenir l’aggrandis-sement excessif de la Maison de Bourbon. Le Roi pressa son petit-filsde prendre fa résolution ; les Plénipotentiaires commençant à s’impatienter,Louis proposa que le règlement de la succession d’Espagne , approuvé &publié dans l’assemblée des Cortes ou Etats de Castille & d’Arragon, seroitreçu par les Alliés, comme une fureté suffisante contre l’union des deuxCouronnes; mais cette proposition fut rejettée, parcequ’on n’y trouvoitpas la fureté requise sur un article fi important. Pour prévenir la rup-ture du Congrès le Roi dans une Lettre au Ministère d’Angleterre,proposa une autre alternative, c’étoit qu’au cas que Philippe refusât derenoncer aux droits de fa naissance & à ses prétentions à la Couronnede France, le Roi très - Chrétien, entreroit avec la Reine d’Angleterredans toutes les mesures qu’on jugeroit nécessaires pour déterminer Philip»pe, & pour assurer la conclusion d’une paix, qu’on avoit déja si fort avan-cée. On peut juger de la peine où se trouva Louis XIV. avant que d’envenir là, M. de Saint Jean dressa la réponse. Elle contenoit des assuran-ces, que la Reine seroit charmée d’une paix, que le Roi trouveroit lui-même équitable. Que dans la vue de rendre tout plus agréable au Roid’Espagne, elle laissoic à présent au choix de ce Prince, ou de renon-cer aux droits de fa naissance & de conserver la Monarchie d’Espagneavec. les Indes, ou de renoncer à celle-ci, pour assurer son droit à la Cou-ronne de France, & d’avoir en échange de l’Espagne & des Indes, leRoyaume de Sicile, dont il étoit en possession, le Royaume de Naples,avec les Duchés de Savoye de Montferrat & de Mantoue ; & qu’au casque lui ou quelqu’un de ses descendans parvint à la Couronne de France,ces Etats y scroient annexés, à la réserve de la Sicile, qui seroit cédée àla Maison d’Autriche. Suivant ce projet le Duc de Savoye fesoit l’avanta-geux échange de ses Etats pour l’Espagne & les Indes. Mais le projet al-la en fumée par le parti que prit Philippe de renoncer à toutes ses préten-tions à la Couronne de France, plutôt que de quitter le trône d’Fsspagne,fur lequel il avoit plu à Dieu de le placer, aprés avoir eu à surmonter uneinfinité d’obstacles.
L’union établie entre Louis XIV. & la Reine d’Angleterre, mettoit ceprince en état de parler aux Hollandois fur un autre ton, qu’il n’avoit fait àGertrudemberg. Volant que les Etats insistoient toujours fur leurs chiméri-ques Préliminaires, il écrivit à ses Plénipotentiaires pour les informer de