Traité deRastadt.J7H-
530 HISTOIRE DE FRANCE. I.iv. XXIII.
Section peu auparavant à presser leur départ, l’Impératrice ne put même apparierXIX - la sédition, qu’en menaçant de faire entrer les Troupes Françoiscs& Espa-Sí* «noies (a).
d'Utrecht Heureusement pour l’Europe, & pour l’Allemagne en particulier, la&? de ce nui guerre tiroit à sa fin. Charles VI. volant que tous ses efforts contre las’e(ï passé F ra nce étoient impuissans, fut contraint d’accepter des conditions bienìpaix^e* moins avantageuses, que celles qu’on lui avoit offertes à Utrecht. SesRastadt. villes avoient été prises, ses Armées battues en deux campagnes consécuti-
-— ves, & son Général, le plus grand Capitaine de l’Europe,avoit le chagrin
de voir ses lauriers, cueillis avec tant de peine, flétris par le souffle empoi-sonné de la malignité & de l’envie. Ce fut la jalousie du Conseil de Vienne,& non le génie de Villars, qui triompha du Prince Eugene. C’est ce quifit que Villars dit a,u Prince, à leur premiere entrevue à Rastadt. „ Mon-„ sieur, nous ne sommes point ennemis; vos ennemis font à Vienne, Sc„ les miens à Versailles”. En effet l’un Si l’autre eurent toujours dans leursCours des Cabales à combattre. Les noms de ces deux Ministres indiquentassez leur caractère, ils porterent dans leurs conférences la franchise. IIne fut point question des droits que l’Empereur reclamoit fur la Monarchied’Espagne ; l’Empire avoit trop besoin de la paix, pour la retarder pourl’amour d’un vain titre. II faut remarquer à l’honneur de Louis XIV. qu'àla conclusion de trois différens Traités, après autant de guerres généra-les , ce Monarque a toujours protégé les droits des Princes Si des Etats del’Krnpire. A Munster, il fit ériger un huitième Electoral en faveur de laMaison de Bavière. Le Traité de Nimegue confirma celui de West-phalie. 11 fit rendre par le traité de Ryswiek tous les biens du Cardinal deFurstemberg. Enfin par la paix d’Utrecht & de Rastadt, il fît rétablirdeux Electeurs. En un mot il donna la loi à l’Empire, comme il l’avoitreçue de l’Angleterre. Les conditions particulières signées par Eugene Scpar Villars furent. I. Que le Roi rendroit á i’Ëmpereur le Fort de Kehl,Fribourg avec tous les Forts qui en dépendent, le vieux Brisach avec tou-tes ses dépendances à la droite du Rhin ; mais que celles qui font à lagauche de ce fleuve, demeureraient au Roi avec le Fort du Mortier. If.Que les fortifications de Bitfch Sc de Hombourgje Fort de Selingen, lesfortifications faites vis-à-vis d’Huningue/ie Fort de la Pile, & les autresjusqu au Fort Louis exclusivement, seraient rasés, Si que le Fort Louisdemeurerait au Roi. III. Que le Roi exécuterait le Traité de llyfwick,Sc rendroit tout ce qui avoit été pris ou confisqué sur quelque Place ouEtat. IV. Que le Roi garderait Landau & ses dépendances, comme il enjouissoic avant la guerre, l’Empereur s’engageoit à obtenir le consentementde l’Empire. V. Que le Roi reconnoitrait la dignité Electorale dans laMaison de Hanovre. VI. Que les Electeurs de Cologne Si de Bavière fe-raient rétablis par l’Empereur dans tous leurs Etats,dignités, prérogativesSi dí'^-ts, comme ils e'n jouissoient avant la guerre. En vertu de cet arti-cle, le haut Palannat, qui avoit été excepté dans le Traité conclu avec laHollande, sut rendu à l’Electeur de Bavière. Mais en vertu de l’articlesuivant la Sardaigne qui lui écoit destinée, demeura à l’Empereur. VIL
(«} Daniel Journ. Hift p. m. 355, 3Js<J. Henault p 877.