ET SAI'NT-MARIN. Liv. XXIV. Ch. XII. 425
«-cours de cette Histoire Universelle; étaie aussi, fille d’un Duc de Lucques; Sect. II.«on fait qu’élle devint Princestè de Toscane, de Lomhardie & Vice-Reine de Histoire dtla Ligurie; on fait que pendant trente années, elle soutint avec autant de la Ri puUi~valeur que de gloire, une guerre périlleuse & sanglante contre les Schistnati- nues*ques, appuyés par les Antipapes. Cette Souveraine guerriere, chassia d’Italie —- rul’Empereur Henri IV, avec lequel elle eut du se liguer contre les attentatsde Rome > & cependant contre lequel elle s’arma parce qu’il étoic excom-munié. Par une inconséquence encore plus absurde, elle donna, dit-on,ses Etats a ì’Eglife, ou, avec plus de vérité, lorsqu’elle eut cessé d’être, v lePape fit paraître une donation de ses Etats à l’Eglise ; prétendue faite, parelle; titre précieux, dont le St. Siégé à sçu tirer les plus grands avantages,titre aussi respectable que la fameuse donation de Constantin. Ce qu’il y ade plus constaté est que Lucques fut la Patrie des aïeux de Mathilde; bien ...^ I f ! equtT ,.des Ecrivains prétendent qu elle y naquit elle-nieme: mais ce fait n est pas liberté.prouvé; cette Princestè mourut en 1115, & ce ne fut qu’à fa mort que les ms.Lucquois recouvrèrent la liberté. ( 1 )
Pendant que ITtalie entiere étoit dévastée par les factions des Guelphes,&des Gibelins, Lucques qui avoit pris, de même que Florence, le parti desGuelphes "& du Pape, eut cruellement h souffrir des hostilités des Gibe-lins, qui tenoient le parti de l'Empereur. Après bien des révolutions & descalamités, les Lucquois furent enfin contraints de se déclarer du parti deTEmpereur & des Gibelins. Ce changement procura quelques années de re-pos à ce petit Etat, qui ne cessa cependant point de rester attaché aux Flo-rentins, auxquels il rendit d’importans services ; mais jamais il ne voulut sesoumettre à leur domination, & il forma constamment une République dis-tincte de la leur. Mais cette République fut plus d’une fois opprimée pard’ambitieux citoyens qui parvinrent, soit par force, soit par adreslè à usur-per le Suprême Pouvoir. Tel sut entr’autres le brave & sanguinaire Cas-truccio-Castracani, qui vers 1320, obligea ses compatriotes h déposer en Asservisse-ses mains les rênes du Gouvernement. Castruccio fut fans contredit le plus ,ne,a dehabile Général de son Síecle ; mais il ne se servit de la supériorité de ses ta- Caftluccit?lens, que pour s’assermir dans la tyrannie, que fa sévérité outrée & son in- Castwmiflexibilité rendirent aussi respectable qu odieuse; tout est extraordinaire dansla vie de cet homme, qui, de î’obscurité des derniers rangs, s’éleva parson propre mérite , à force d’ambition & de crimes , à la SouverainePuissance , dont, d’ailleurs , il fe montra digne par les plus grandesqualités. (2)
Vers les premières années du quatorsieme Siecle, il ne restoit plus de Pan- Vie decienne famille de Castracani, de la premiere Noblesse de Lucques, qu’An- Castracani.toine Castracani, qui ayant embrassé l’Etat Ecclésiastique & obtenu un Ca-nonicat de St. Michel, dans fa Patrie, vivoit paisiblement avec fa sœur Dia-nove, Veuve de Bonacorta Cenami. Ce Chanoine avoit auprès de íà Mai-son une petite vigne, environnée des jardins du voisinage. Un matin Dia-siove étant allée se promener dans cette vigne, entendit quelque léger bruit
(1) Hist. des Papes. ï'
(a) Hist. de Florence. Tom. XXXIV. de cette Hist. Universelle. >
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