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37 (1776) L' histoire de Naples et de Sicile, de Férrare et de Modène, de Mantoue, des républiques de Pise, Lucques, Sienne et St. Marin, et le commencement de l'histoire de Savoie, de Piémont et de Sardaigne
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ET SAI'NT-MARIN. Liv. XXIV. Ch. XII. 425

«-cours de cette Histoire Universelle; étaie aussi, fille dun Duc de Lucques; Sect. II.«on fait quélle devint Princestè de Toscane, de Lomhardie & Vice-Reine de Histoire dtla Ligurie; on fait que pendant trente années, elle soutint avec autant de la Ri puUi~valeur que de gloire, une guerre périlleuse & sanglante contre les Schistnati- nues*ques, appuyés par les Antipapes. Cette Souveraine guerriere, chassia dItalie- rulEmpereur Henri IV, avec lequel elle eut du se liguer contre les attentatsde Rome > & cependant contre lequel elle sarma parce quil étoic excom-munié. Par une inconséquence encore plus absurde, elle donna, dit-on,ses Etats a ìEglife, ou, avec plus de vérité, lorsquelle eut cessé dêtre, v lePape fit paraître une donation de ses Etats à lEglise ; prétendue faite, parelle; titre précieux, dont le St. Siégé à sçu tirer les plus grands avantages,titre aussi respectable que la fameuse donation de Constantin. Ce quil y ade plus constaté est que Lucques fut la Patrie des aïeux de Mathilde; bien ...^ I f ! equtT ,.des Ecrivains prétendent qu elle y naquit elle-nieme: mais ce fait n est pas liberté.prouvé; cette Princestè mourut en 1115, & ce ne fut quà fa mort que les ms.Lucquois recouvrèrent la liberté. ( 1 )

Pendant que ITtalie entiere étoit dévastée par les factions des Guelphes,&des Gibelins, Lucques qui avoit pris, de même que Florence, le parti desGuelphes "& du Pape, eut cruellement h souffrir des hostilités des Gibe-lins, qui tenoient le parti de l'Empereur. Après bien des révolutions & descalamités, les Lucquois furent enfin contraints de se déclarer du parti deTEmpereur & des Gibelins. Ce changement procura quelques années de re-pos à ce petit Etat, qui ne cessa cependant point de rester attaché aux Flo-rentins, auxquels il rendit dimportans services ; mais jamais il ne voulut sesoumettre à leur domination, & il forma constamment une République dis-tincte de la leur. Mais cette République fut plus dune fois opprimée pardambitieux citoyens qui parvinrent, soit par force, soit par adreslè à usur-per le Suprême Pouvoir. Tel sut entrautres le brave & sanguinaire Cas-truccio-Castracani, qui vers 1320, obligea ses compatriotes h déposer en Asservisse-ses mains les rênes du Gouvernement. Castruccio fut fans contredit le plus ,ne,a dehabile Général de son Síecle ; mais il ne se servit de la supériorité de ses ta- Caftluccit?lens, que pour sassermir dans la tyrannie, que fa sévérité outrée & son in- Castwmiflexibilité rendirent aussi respectable qu odieuse; tout est extraordinaire dansla vie de cet homme, qui, de îobscurité des derniers rangs, séleva parson propre mérite , à force dambition & de crimes , à la SouverainePuissance , dont, dailleurs , il fe montra digne par les plus grandesqualités. (2)

Vers les premières années du quatorsieme Siecle, il ne restoit plus de Pan- Vie decienne famille de Castracani, de la premiere Noblesse de Lucques, quAn- Castracani.toine Castracani, qui ayant embrassé lEtat Ecclésiastique & obtenu un Ca-nonicat de St. Michel, dans fa Patrie, vivoit paisiblement avec fa sœur Dia-nove, Veuve de Bonacorta Cenami. Ce Chanoine avoit auprès de íà Mai-son une petite vigne, environnée des jardins du voisinage. Un matin Dia-siove étant allée se promener dans cette vigne, entendit quelque léger bruit

(1) Hist. des Papes. ï'

(a) Hist. de Florence. Tom. XXXIV. de cette Hist. Universelle. >

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