ij PRE’FACE.
secours que celui qu’ils ont tiré des réflexions qu une lon-gue expérience leur a suggéré ; car il faut convenir qu il ferencontre des Praticiens qui trouvent dans la supérioritéde leur génie des ressources merveilleuses, & qu en géné-ral , c’est aux períònnes de ce caractère que l'on est rede-vable de ce qu’il y a de plus heureusement imaginé dansles Arts ; mais que l’on y prenne garde, loríqu’on est ca-pable de méditer un projet, & de captiver long-tems sonattention fur une même choie pour en développer toutesles faces, asin de ne fe déterminer qu’en saveur du parti leplus avantageux ; cette maniéré de penser est une vrayethéorie a laquelle on doit le succès qui en est la fuite; alors<fans le sçavoir on imite les Géomètres, on en a l’esprit 8cles vues, puisqu on cherche a parvenir au même but.Toutela différence, c est que les uns y arrivent fans s’égarer parune voye dont ils connoiífent la marche, au lieu que lesautres, privés des lumières qui pourroient les guider, fontexposés à faire bien des faux pas. Quand il faut mesurerexactement des efforts, dont les directions , les leviers ,les appuis ne font pas sensibles , ce font toujours des re-cherches fort difficiles. Il fe rencontre souvent des cas oùles puissances dont on doit considérer faction, renfermentdes rapports si compliqués, qu’il n est pas possible de lesappercevoir fans le secours d’une théorie fort délicate , àlaquelle on ne peut atteindre si son n’est prévenu d’ungrand nombre de connoiflànces acquises par une étude fui-,vie: Il est des choses essentielles à sçavoir que l’expériencen’aprend point, & qu’on ne peut ignorer quand on veutvoir clair à ce qu’on fait. Je rn en rapporte à la bonne-soide ceux qui sont travailler depuis long-tems ; il n’y en apas qui n’ayent senti dans mille occasions qu’il leur man-quait de certains principes dont ils auroient voulu être ins-truits, La plupart ont entamé une carrière qui n’étoit pas