Architecture Hydraulique, Livre III.
204
CHAPITRE V.
Qui comprend la Description Ô* VAnalyse de la Machine Hy-draulique appliquée au Pont Notre-Dame à Paris , le Projetque r on a exécuté pour la reéîifier , afin de la rendre capa-ble de fournir une plus grande abondance d'Eau.
Discourtpréliminfe fur la po-lice quob-servoicntlesRomainspour la con-duite desEaux.
104. T L n y a point eu de Nation qui se soit plus appliquée à1 conduite des eaux que les Romains ; leur magnificen
a la
que les Romains ; leur magnificencen’ayant pas moins éclaté dans les Ouvrages qu’ils ont fait pour cesujet, que dans les autres monumens dont on ne peut voir les restesfans admiration. L Art d ammener les eaux des sources éloignées fpour les conduire dans les Villes qui en avoient besoin, principa-lement à Rome ; la distribution qui en devoir être faite aux Cy-toyens , soit en public ou en particulier, étoit considérée desPrinces & des premiers Magistrats d’une assez grande conséquen-ce , pour mériter toute leur attention.
On prétend que ce fut le Roy Ancus Marcus qui fit travaillesle premier à conduire à Rome les eaux de la Fontaine Piconia ;pour cela il fit percer des montagnes , par des voûtes dont la cons-truction étoit admirable, ôc soutenir seau dans les Vallées fur deSAcqueducs d’une hauteur extraordinaire. Par la fuite ces travauxfurent multipliés considérablement, & il y eut jusqu’à neuf o Udix de ces principaux Acqueducs qui conduisoient à Rome plusde cinq millions de muids d eau en 24 heures, qui alloient se ren-dre dans de grands badins clos ôe couverts de bâtimens ; de J*elle étoit emmenée par des tuyaux soûrerains à des Fontaines fi"tuées dans les differens Quartiers. Ces Fontaines faisoient un des
principaux ornemens de la Ville , étant accompagnées de Statuesde Marbre ôt de Bronze. Sous l’Empire d’Auguste il y avoir peUde notables Citoyens qui n’eut chez lui un bassin d’eau vive.
Indépendamment Hes Sources, on ramassoir encore toutes P seaux qui n’étoient pas bonnes à boire, comme celles qui se dé-gorge oient des Fontaines, & qui tomboient du Ciel ; elles s’aFjoient rendre dans d’autres réservoirs, servant à abreuver les ani'maux : de là elles étoient conduites par des tuyaux dans les mai-sons des Corroyeurs & autres Artisans, qui avoient besoin d’e alîpour leurs Ouvrages , ôc après qu'elles ayoient servi à plufieu^
1