Tandisqu on tra-vaille aunouveau ca-nal lesAn-glois veu-lent en in-terrompre lacontinua-tion, pré-tendantqu d ejl con-traire auneuvièmearticle dutraité.
1/écluseiu canal deMardii k ejlachevée leu Janvier17 it.Des-cription decette écluse& du canal.
46 Architecture Hydraulique , Livre I.
Les troupes destinées à travailler, arrivèrent au nombre dedouze Bataillons, les premiers jours de Mai 1714, ôt l’oncommença ce grand ouvrage, qui donna aux habitans une sa-tis action que l’on ne peut exprimer. Au mois de Juin, il arri-va encore six autres Bataillons ; ôt tous ensemble travaillèrentavec tant de diligence, que le deux de Juillet on commença àpiloter les écluses du nouveau canal, & le 24 Août on y posala premiere pierre.
ico. La Reine d’Angleterre étant morte le \i Août de cetteannée, ôt l’Electeur d Hanovre proclamé Roi de la Grande-Bretagne, les deux Bataillons Anglois qui étoient restés dans laVille &la Citadelle, reçurent ordre de repasser en Angleterre,avec Messieurs Hill ôt Cleyton; parce qu’alors la démolitionétoit entierement achevée ; il n’y eut que M. Amstrong,l’un desCommissaires pour la démolition qui resta encore quelque tems,ôt qui chercha de mauvaises difficultés, pour empêcher la cons-truction du nouveau canal ; il sit même connoître au Conseildu nouveau Roi d’Angleterre, que ce canal seroit d’un aulïìgrand usage à la France, que le port qu’on venoit de détruire.
Sur ses représentations , Sa Majesté Britannique envoya or-dre à son Ministre en France, de présenter un Mémoire au Roi,pour empêcher la continuation de ces nouveaux ouvrages, quiétoient, à ce qu’on pretendoit, contraires à l’article neuvième dutraité. Le Roi, persuadé qu’il ne contrevenoit en aucune façonau traité de paix, ordonna de continuer cet ouvrage, lequelétant déja fort avancé , on mit le 17 Octobre sous la maçonne-rie de la grande écluse, une boète de plomb que la Cour avoitenvoyé, contenant une Médaillé d’or ôt quatre d’argent, avecune inscription sur une plaque de cuivre.
1 o 1. M. le Blanc touché du danger que le pays couroit d’êtreinondé par les eaux de l’hyver, dont on étoit peu éloigné, ani-ma tellement par fa présence continuelle ôt ses libéralités, tousles ouvriers qui travailloient à l’écluso ,* que le 11 de Janvier1715 , ils y mirent la derniere porte qui restoit à placer, pour quele canal fut en état de recevoir les eaux du pays.
Cette écluse, la plus belle de l’Europe, étoit partagée en deuxpassages ; l’un de quarante-quatre pieds pour les Vaisseaux dupremier rang, ôt 1 autre de vingt-six pour les petits Bâtimens. Lalongueur de cette écluse étoit de quarante-six toises deux pieds ,-la pile du milieu avoit trente pieds d épaisseur, & chacun desgleux Bajoyers vingt-quatre, fans y comprendre les contre-fcrts.