Destruc-tion de cetteVille parles Gots &son réta-blissementvar Philip-pe IL K °y
d’Espagne.
Etablis-sement d’A-lexandrieVavan-tage de sasituation .pour le com-merce.
40 Architecture Hydraulique. Livre III.
plie d’un présage aussi heureux fut à peine campée sur les hau-teurs au tour de la Ville , que Scipion lui annonça que le len-demain à midi, elle verroit la plus grande partie des eaux dugolfe se retirer. Le prodige étant arrivé à l’heure marquée, l’onpeut juger de 1 impression qu’il fit sur les esprits. Tous les sol-dats auroient couru fur le champ pour emporter la Place , sileur Général n’avoit fait entendre qu’ils avoient besoin de re-pos ; mais que le jour suivant il les conduiroit lui-même au pieddes remparts, assuré qu’il étoit que Neptune opéreroit encorela même chose. En effet, le lendemain la Place fut emportéed’assaut par ce côté de l’étang, sans que la garnison, qui n’étoitque de mille hommes, eut pour ainsi dire le tems de se recon-noître.
624. De cette conquête s’en suivit la perte de la domina-tion Carthaginoise en Espagne , qui passa'sous celle des Ro-mains. Depuis Carthagene a été ruinée par les Gots, ôc se trou-voit réduite en un simple Village, situé sur la côte septentrio-nale , quand Philippe II. Roy d’Espagne , qui connoiffoit labonté de son Port ôc son importance, la fit fortifier en 1570pour la mettre en l’état où elle est aujourd’hui.
625. La République de Carthage étoit à son plus haut point depuissance , lorsqu’Alexandre le Grand, après le siège de Tyr -jetta les fonde mens d’Alexandrie 332 ans avant la naissance dedesus-Christ. Ce Prince en côtoyant le rivage d’Egypte versl’embouchure occidentale du Nil, remarqua entre fille de Pha-ros & le Lac Maréotis , un lieu extrêmement propre à remplirle dessein qu’il avoit formé de construire une Ville digne deporter son nom; en effet, il n’y en eut jamais de plus heureuse-ment située qu’Alexandrie, pour devenir l’entrepôt de toutes lesmarchandises de l’Orient ôc de l’Occident; son Port compris en-tre l’isthme ôc l’Iíle de Pharos qui le couvroit, avoit un librecommerce avec l’Orient par la Mer rouge ôc le Nil, qui luidonnoit entrée dans les vastes ôc riches contrées de l’Ethiopie ,parce que le Lac Maréotis fut joint au Nil , ôc celui-ci à la Merrouge par un canal, comme nous le prouverons ailleurs. D’au-tre partie commerce du reste de l’Afrique ôc de l’Europe luiétoit ouvert par la Méditerranée ôc l’Océan. La facilité sabor-der a ce fameux Port, y attira bien-tôt le négoce qui s’étoitfait a Tyr; Ion voyoit arriver de toute part des Vaisseaux étran-gers, ôc en partir d’autres qui portoient leurs marchandises danstoutes les parties de la terre alors connue.
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