Chap. II. des Ports établis par les anciens. 49
après que Demetrius eut levé le siège de leur Ville. C’étoit lapremiere des sept merveilles du Monde, l’ouvrage d’un discipledu fameux Lysippe nommé Charès , qui mit douze ans à le faire.Les Sarrasins s etant emparés de rifle de Rhodes en 65z , trou-vèrent ce Colosse étendu près du Port où il étoit resté depuis long-tems, après avoir été renversé par un tremblement de Terre. Ilsle vendirent à un Juif, qui l’ayant fait mettre en pieces, en tirasept mille deux cens quintaux de métal; il avoit co u té troisCens talens ou 1500000 liv. de notre monnoye.
II n'est pas de mon sujet de parler des différentes révolutionsque Rhodes a essuyé depuis fa fondation, il me suffira de direqu en 1310, après la perte de Jérusalem, les Chevaliers de St.Jean la prirent fur les Sarrazins qui l’avoient enlevée aux Em-pereurs de Constantinople ; que ces Chevaliers font possédéejufqu’en 1522, te ms auquel elle fut assiégée & prise par lesTurcs qui en font demeurés maîtres jufqu’à présent.
641. Le plus ancien des Ports d’Italie dont les Historiensfassent mention, est celui de Tarente mis en valeur par une Co-lonie Lacédémoniene qui s’étabìit dans le Royaume de Naples,environ sept cent ans avant Jefus-Christ, c’est-à-dire, peu detems avant la Fondation de Rome. Cette Colonie choisit uneprefqulfle dans un Golfe, y bâtit la Ville & la Citadelle de Ta-rente, située fort avantageusement pour le Commerce ; elle ferendit bien tôt célébré par l’étendue de son négoce, la magnifi-cence de fes édifices, ôr plus encore par l’étude des JBelles-Lettres qu’on y enfeignoit. Devenue alliée de Rome, elle along-tems joui d’un parfait repos ; mais s'étant attiré le ressen-timent de cette formidable République , pour avoir ouvert fesportes à Annibal, qui y fit égorger la garnison Romaine, ellene tarda pas à porter la peine de son infidélité. Elle fut prise& saccagée par Fabius qui en tira des tréíors immenses fan deRome 544, & 208 ans avant Jefus-Christ. La position d’un aussibeau Port , convenoit merveilleusement aux Romains , pourêtre plus à portée de réduire Cartage ; mais depuis lors il s’estressenti comme les précédens de la vicissitude des choses terres-tres, & n est plus aujourd’hui capable de recevoir que de petitsBâtimens, s'étant comblé insensiblement faute d’avoir été eti-trer nu.
642. Les Sallentins, voisins de Tarente, peuples qui occu-poient le Pays depuis le Po jufqu’à l’extrêmité orientale delitasse, étoient presque les seuls de ce continent qui refusoient
Tome II, G
Descrip-tion de F an-cien Portde Tarente,d.ms leRoyaume deNaples.Prise decette Ville■par les Ro-mains.
Descrip-tion du Portde Brundu-se , aujour-