Chap. II. des Ports e’tablis par les anciens; yi
prirent le parti de s’en procurer parla force, en s’emparant dede tous ceux dont nous venons de parler, qui les mirent en état,comme nous savons dit, de pousser leurs conquêtes aussi loinquelles ont été. Ce n’est pas qu’ils n’ayent connu la naviga-tion dès les premiers tems de leur établissement en Italie; maisils l’avoient bornée au simple transport des denrées, pour la sub-sistance de Rome.
644. L’on sçait qu’Ancus Martins, IV e . Roy des Romains, Fondationfit bâtir la Ville d’Ostie, à l’embouchure du Tibre, asin de fer
vir d’entrepôt aux denrées ôc marchandises qui arrivoient par d’úsiie áMer pour la capitale ; que l’on y déchargeoit les Vaisseaux l ’^ nbm ~ íétrangers dans d’autres plus petits, parce que le Tibre ne four- Tibre, par.nissoit point assez d’eau pour que les gros pussent arriver jusqu’à AncusRome, ce qui les obligeoit de se tenir à l’ancre assez en avant Manius*dans la Mer, où ils étoient exposés aux tempêtes, à quoi JulesCésar avoit voulu remédier dès qu’il se vit Empereur, par laConstruction d’un Port, que le peu de durée de son régné nelui permit point d’exécuter.
645. Auguste ne se vit pas plutôt Maître de l’Empire, qu’il Descrip -songea à construire des Ports encore plus commodes ôc plus furs
que ceux que la République s’étoit approprié. II commença cmjn-uk^par former celui de Missene, fous la conduite d’Agrippa qui fut par l’Em-chargé de joindre la Mer, aux Lacs Lucrin ôc d’Averne , peu dis- p g "j u e r ^~ Stans l’un de l’autre. Pour cela il exhaussa une ancienne chaussée la conduitede mille pas de longueur qui séparoit la Mer du Lac Lucrin , d’Agnjìça,petit Golfe situé entre Missene ôc Pouzzoles, y ménagea deuxentrées pour le passage des Vaisseaux. II fit ensuite creuser unlarge canal d’un Lac à l’autre, afin que celui d’Averne, qui fetrouvoit parfaitement abrié de tous les vents, servit de retraite àune des deux armées navales qu’Auguste vouloir entretenirpour la sûreté des côtes d’Italie. Pour la seconde, il bâtit le Portde Ravennes où il fit élever des monumens dignes de la gloirede son régné, entr’autres un Phare qui ne le cédoit gueres à ce-lui d’Alexandrie. 11 ne reste aujourd’hui aucun vestige de ce der-nier Port qui s’est tellement comblé par les sables que la Villese trouve actuellement à trois milles de la Mer; celui de Rimi-ni, qui a encore été un des ouvrages le plus mémorable du régnéde cet Empereur, a eu le même fort malgré tout ce qu’il avoitde bien digne d’être conservé. Un vaste bassin accompagné deQuais, précédé de deux levées avec les Edifices propres à laMarine pour de grands armemens , le tout revêtu de marbre