Chap. IV. Maximes pour bonifier les Ports. 77
mérite de n’avoir agi qu en conséquence d’une fin auílì no-ble.
691. C’est vainement qu’on voudra s’opiniâtrer à lutter avecla Mer j dans les endroits que la nature n’a point favorisé desparties essentielles à un bon Port, quelques dépenses qu’on yfasse. On peut bien modifier pendant quelque te m s certainsdéfauts, maisqu’ilsdeviennent après cela plus grand que jamais.Le meilleur parti quand ils font auílì ingrats , feroit de les aban-donner pour n’employer les fonds de l’Etat, que dans d’autresplus favorables à remplir un grand objet, fans trop fe laisser tou-cher par des considérations particulières toujours nuisibles aubien général. N’est-il pas souvent arrivé que de légers motifsl’ont emporté fur les raisons les plus spécieuses , fans envisagerles suites préjudiciables qui en pouvoient résulter. Heureusementil y a en France des Directeurs des fortifications, tant des PlacesMaritimes que de celles de Terre, qui ne fe laissent point sédui-re par des vues communes, en ayant de trop élevées pour nepas apprécier les choses à leur juste valeur. Que si une admi-nistration aussi éclairée avoit eu lieu dans les siécles précédens,il n’y a point de doute que plusieurs Ports au-dessous du médio-cre , n’eussent point coûté des sommes immenses en pure'perte.
692. Nous avons fait sentir ( Article 66; ) qu’il y en avoitpeu fur l’Océan, le long des côtes du continent de l’Europe ,où il restât assez d’eau dans le tems de la basse Mer, pourqu’alors les Bâtimens pussent y demeurer à flot, ce qui est fortdésavantageux à ceux qui ne peuvent soutenir l’échouage. Voulantremédier à cet inconvénient, l’on y a pratiqué un bassin avecune écluse pour retenir les eaux, ainsi que les Navires qui y fontentrés à Marée haute. ( Art. 6 1 ) Rien de mieux imaginé pourles maintenir à flot dans le tems même que le Port est à sec ?mais comme le long des mêmes côtes, la différence de la hauteà la basse Mer au tems des Syíìgies, n’est gueres que de iy à18 pieds, & seulement de 11 à 12 dans les quadratures, cesbassins ne font propres que pourles Frégates de 40 à 50 canons,& point du tout aux gros Vaisseaux , à qui il faut 24 à 2; piedsd’eau , à moins que l’on ne parvienne à creuser un chenal en-tre deux jettées à l’aide des éclisses de chasse ôc les eaux d’urícanal ou d’une Riviere, tenant lieu de réservoir ( Art. 62 , 63,^4,6> ÔC 6 - 5 ' ) ; mais comme cette manoeuvre demande un nom-bre d’années , avant que le chenal soit parvenu à Va pto-
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L’on neparvient ìbonifier unPort,qu au-tant que lanature l’ttfavorisedans lesparties es-sentielles.Réflexionfur l’impor-tance défai-re un bonusagefondsi’Etat des-tinés auxPortsMer.
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Défaut desPorts deV Océan, quiríont quepeu ou pointd’eau à Ma-rée baffe.Nécessité d’yavoir desèajjìns poury tenir tou-jours lesVaisseaux àfiot.