Chap. X. des Fondations a pierres perdues. 187
pierres arrangées avec attention les unes à côté des autres s’en-fonçent dans le mortier qui s’est amoli, mais qui se durcit en-fuite au point qu’après trois ou quatre mois la maçonnerie devientindissoluble, & d autant plus qu’elle vieillit davantage.
Ce lit de pierres ayant été recouvert d’une nouvelle couchede Béton l’on en recommence une autre , ainsi de fuite alter-nativement jusqu a 6 ou 7 pieds au-dessous du niveau de seau ;alors on peut se passer de la caisse, & jetter le Béton avec des au-ges & paniers , en observant cependant de ne les vuider que fortprès de la surface de seau, étant essentiel d’empêcher qu’il nese délaye en tombant de haut, ce qui ne manqueroit pas dar-river aux Fondations qui ont beaucoup de profondeur, commenous savons déja dit, parce que les parties les plus pesantes ga-gnant le fond plus promptement que les autres, tout l’efprit dela chaux se çon^ertiroit en lait.
L’on voit par cette maniéré de bâtir que la maçonnerie peutêtre regardée comme faite suivant les meilleures réglés defart, parce qu’étant compoíée de très-petits matériaux qui pré-sentent beaucoup de surface aux parties du Béton, il s’en dé-tache une plus grande quantité de sels propres à la concrétion,& qu’elle a cela de commode qu’on peut la faire fans le se-cours d’aucun Maçon , les moindres Manoeuvres pouvant laconduire ; il n’est besoin que de quelques Charpentiers pour for-ger l’encaissement. Au surplus il convient de laisser subsisterRencaissement dans lequel la maçonnerie a été formée, particu-lièrement aux endroits exposés aux vagues de la Mer, ou à larapidité des eaux.
841- C’est en s’y prenant de la forte que nous avons vu, en1748, bâtir à Toulon une des jettées que l’on a fait dans lanouvelle Darce; les Ingénieurs de cette Place ne connoissantPoint de méthode dont ils se soient mieux trouvés pour travail-ler solidement dans la Mer fans aucune fâcheuse sujettion, sonpeut dire qu’elle est la seule dont on puisse garantir le succès.On n’a point à craindre qu’une pierre de parement venant à* e détacher soit suivie de plusieurs autres , & que successive-ment tout ce qui est dans seau tombe en ruine; ôc ne doit-onPas compter pour beaucoup l’œconomie de pouvoir travaillerans batardeaux ni épuiscmens qui causent quelquefois autant dedépense que la chose même ? N’a-t-on pas lieu d’être surpris
une pratique dont les anciens ont fait un si bon usage, ne soit£ u cres suivie que sur les côtes de la Méditerranée ? Cependant
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La Ma-çonnerie debéton efi lameilleure detoutes cellesquon peutemployerpour bâtirdans Veaufans batar-deaux niépuifemens.