Chap. XI. Maniéré de fonder ^rencaissement. i p3
Ces caisses se font de maniéré à pouvoir démolir commodé-men leurs quatre faces lorsque la maçonnerie est achevée, asmque toutes les pieces de charpente, excepté celles du fond, puis-sent servir encore à former les cloisons d’une autre; c’est pour-quoi il suffit de ne faire de cloisons que pour deux ou trois caissses feulement, afin de n embrasser à la fois que trente ou qua-rante toises d’ouvrage, & de mettre à profit le tems calme qu’on.aura pour 1 achever entierement.
852. Les caisses étant faites, elles furent lancées à l’eau , pla-cées ôc bien assujetties aux allignemens du Quai, ôc maintenuesen équilibre avec des cordes ou grelins passant dans des anneauxde fer H cloués fur les poteaux, après quoi l’on y fit entrer lesMaçons qui commencerent à remplir les vuìdes entre les contre-quilles avec du mortier de pozzolane ôc de chaux mêlé de cail-loux & blocaille ; le tout étant bien arrafé on éleva le corps dela maçonnerie à laquelle on donna huit pieds d’e'paisseur, le pa-rement extérieur fait avec des pierres d échantillon de dix aquinze pouces de queue , & de huit a neuf de joints quarrés,le reste de l’épaisseur en moilon ordinaire, le plus plat que l’onpût trouver, fans contreforts, vu la difficulté qu’on auroit eu decharger les caisses par tout également. On continua ainsi de fuitepar assise réglée , toujours avec mortier de chaux ôc de pozzo-lane , jufqu’àdeux pieds au-dessous du niveau des moyennes eauxfie la Mer, laissant par intervalle des harpées fur toute la hauteurfies profils vers les extrémités de chaque caisse pour fortifier lajonction des bouts de maçonnerie , comme nous le dirons dansla fuite j l’on sent bien qu’on supprime les baux, à mesure quela maçonnerie s’éleve ôc qu’on y supplée par des étrésilionsserrés entre des madriers, appliqués fur les pare mens ôc les cloi-sons pour les soutenir contre la poussée de l’eau, loríque lescaisses font desoendues à une certaine profondeur, fans quoielles feroient en danger d’être crevées.
Ce travail doit être fait jour ôc nuit, fans interruption , avec leplus d’activiré qu’il est possible, pour prévenir les accidens quipourroient arriver par des retardemens mal-à-propos ; ainsi ilfaut avant que de l’entamer avoir une grande quantité d’ouvriersqui puissent se relever, ôc s’être d’aiileurs précautionné de tousles Batteaux ôc radeaux nécessaires pour faciliter les manoeu-vres. r
^5?' A mesure que les caisses s’enfoncent par la succession. u massif qu on eleve, l’on observe sans cesse fi elles ne fe dé-Tome II, B b
Etablis-sement de lamaçonneriedans lescaijfes , demaniéré àpouvoir enlier toutesles parties.
Sujettiond laquelle il
faut avoir