Chap. XIII. de l’usage des Eaux a aa Guerre. 24?
Penne mi se fût prévalu de la nécessité où il auroit mis les Assiégésde se partager.
934. Ce n’est pas seulement dans la guerre défensive que les eauxpeuvent être d'un grand secours, l’on peut aussi s’en servir pourí’offensive en les faisant refluer contre l’ennemi, & le contraindrepar-là à subir la loi qu’on veut lui imposer. II est surprenant qu’onn’ait point tiré de cette maniéré d'attaque tout le parti dont ellepeut être susceptible.
Dans le teins que la France étoit déchirée par la Ligue, laVille de la Fere étoit une des plus échauffées contre le partid’Henri IV, par les menées d’un nommé Colas à qui les Es-pagnols en avoient donné le commandement. Cette Place tra-versée par la Riviere d’Oiíé dans une prairie bordée de coteaux ,passoit pour la plus forte de la Picardie , & se trouvoit la seuledu Royaume qui restoit à soumettre , ce qui engagea le Roi en1 595 d’en faire le siégé en personne. L’entreprise étoit difficile& paroissoit demander beaucoup de tems, parce qu’on ne pou-voit en approcher que par les chaussées des portes de Notre-Da-me ôc de St. Finnin, bien fortifiées par de bons dehors, fansparler de la Citadelle qui protégeoit encore cette derniere, ré-pondant au côté qui paroissoit le plus accessible ; car les autresne i’étoient point à cause des inondations qui s’étendoient fortloin, fur tout du côté du Nord.
II y avoir déja du tems que le Roi avoir entamé ce siégé &qu’on avoir dressé plusieurs batteries qui n’opéroient pas grand,chose à cause de leur extrême éloignement de la Place, ce quien rendoit la prise fort incertaine, fur tout dans une saison aussiavancée qu’au mois de Novembre où l’on étoit alors, lorsquece prince pour accélérer sa conquête eut recoins à un moyenqui lui réussit.
Ayant choisi à un quart de lieue au-dessous de la Ville Pen-droit le plus étroit de la prairie, où fa largeur d environ troiscens cinquante toises est bornée de droite & de gauche par lescoteaux répondant aux Villages d’Andelin êt de P auto r; il yfit faire une Digue qui fut élevée à la fois par fes deux extré-mités , pour être conduite fur une même ligne droite depuis lescoteaux précédens jufqu’au bord de la Riviere d’Oise qui passedans le milieu de leur intervalle ; lorsque cette Digue fut ache-vée , on en joignit les deux bouts par un batardcau qui traver-soit la Riviere. Alors arrêtée dans son cours, elle reflua jusquesdaas la Ville quelle inonda fur la hauteur de plusieurs pieds,
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On peutdans cer-tains casfaire re-fluer leseaux â’uneriviere pourprendre lesPlaces.Exempletiré du siègede la Ferepar HenriIV. en