Chap. XIII. de l’usage des Eaux a la Guerre. 267970. Après que le Mineur assiégé aura épuisé tous les moyens d ^ r ^° e nde défendre la contrescarpe & la breche de la demi-lune ; quele te m s sera venu de lâcher les eaux dans son fossé; on le fera eaux enen fermant l’écluse P & en laissant ouvertes les trois autres F , c de I f^- e gJ eK 3 M, parce que les eaux de la Riviere arrivées dans le fossé úons pr/ct-.R, O, passeront dans celui de la demi-lune; ensuite l’on fer- dentes.mera les écluses F,M } & l’on ouvrira les autres P, X, 8, pourlaisser écouler l’eau du fossé de l’enceinte, au cas que l’on aitbesoin de l’avoir à sec.
Supposant qu’au bout de quelque-tems l’on veuille vuider ce-lui de la demi-lune pour détruire tout de nouveau les ponts &les épaulemens que l’ennemi y aura fait ; l’on voit qu’en main-tenant les écluses précédentes dans le cas où l’on vient de les -laisser , ôc en ouvrant celle qui est en M , les eaux de ce fossés’écouleront vers le Nord* parce qu’on suppose leur avoir mé-nagé un peu de pente en venant vers la Place ; ainsi les chosesse remettront dans leur premier état jufqu’à ce qu’on juge à pro-pos de recommencer la manœuvre précédente.
971. L’on voit par l’élévation de la gorge de la demi-lune £)ffi C uItêfreprésentée au profil, que son terre-plein étant supérieur de qu’on peutvingt-deux pieds au fond du grand fossé , & que celui du réduiten ayant neuf de profondeur, il fe trouvera encore trois pieds au- pourretar-dessus des plus hautes eaux que nous supposons de dix pieds ; à (apri/âainsi ie Mineur assiégé aura l’avantage de travailler à sec dans ce ^deìd-lu-fossé, & de conduire des rameaux fous le terre-plein de la demi- ne.lune pour renverser les loge mens de l’Assiégeant. Cependant cedernier ne pouvant se rendre maître du réduit sans transporter ducanon dans la demi-lune ; comment y parvenir , vû le mouve-ment continuel des eaux, & la difficulté d’établir ses batteriesdans un lieu aussi resserré & fréquemment boulversé par lesmines ? II est vrai qu’il en fera aussi de son côté ; mais dans la guer- -re souterraine de Mineur à Mineur, l’on ne peut contester qu’àbravoure égale, celui de la Place n’ait l’avantage, parce que sesdispositions font toutes faites pour bien recevoir son ennemi, aulieu que ce dernier ne peut travailler qu’à tâtons, au risque d’êtreétouffé par le camouflet. S’il est' arrivé dans plusieurs sieges queles réduits n’ayent pas été disputés aussi long tems qu’ils au-roient dûl’être,cela vient apparemment de ce que ceux quiles désendoient n’avoient point pour leur retraite une commu-nication aflùrée avec le corps de la Place. Ici nul motif ne peutempêcher de braves gens , nonseuiement de ne fe retirer qu’à
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