Chap. I. de la nature des Fleuves." 291mes causes de destruction , il n’ait encore une semblable desti-née, malgré toutes les précautions que l’on aura pu prendre pourTen garantir.
L’unique moyen d’éviter ce dommage est de diriger le cou-rant de maniéré que d’une part fa propre force détruise l’at-térissement ou le relief qui cause tout le mal, & que de l’autreil releve le sol adhérent à la rive tourmentée. Alors il suffira de laréparer, non point en maçonnerie , mais seulement en terre,parce que cette partie du fleuve étant une fois rentrée dans l'équi-libre , son cours suivra le milieu du lit qu’il aprosondira si lefond le permet, tandis que les Digues se fortifieront par le pied& se trouveront dans le même cas que le reste, où l’on sup-pose que la combinaison des forces agissantes & résistantes esttellement ménagée par les loix de la nature, qu il n y arrivepoint d’accident remarquable.
1006. II fuit de ce que l’on vient d’exposer , qu’il est bienplus fur de remédier aux causes fâcheuses,en les détournant,que de s’opiniâtrer à vouloir en empêcher les effets : que parconséquent l’on ne sçauroit trop s’attacher à les bien connoîtrepour en venir à bout avec peu de dépense & de travail. Ceparti paroîtra peut-être difficile à ceux qui ne se sont point faitune étude particulière du mouvement des eaux; mais j’esperede les satisfaire à cet égard dans la Section suivante : en at-tendant il ne faut point perdre de vue que le cours le plus ra-pide de l’eau , à quelqu’endroit qu’il soit, est marqué par son fil,toujours inséparable de la plus grande profondeur.
II efl bienplus jù.r des’attacher âdétournerles causesdes dégra-dations quiarriventaux fleuves,que de s’o-piniâtrer dvouloir enempêcherles effets .
SECTION TROISIEME.
Des effets que produisent les Epis conjìruits dans les Fleuves , a oùflon déduit la méthode d’en réparer les dégradations.
1007. L’on nomme Epis des bouts de Digue construits en ma-connerie , ou avec des coffres de charpente remplis de pierres , quelle fin onou bien on les forme d’un tissu de fafcinage piqueté , tuné & f on f~garni d’une couche de gravier. Ils se placent le long des bords ^ irmt ’d’une Riviere, pour contraindre le fort du courant de se dé-terminer d’un côté plutôt que de l’autre, afin d’interrompre toutce qui peut être préjudiciable ; & comme ces Epis quand ils fontsaillans produisent des effets différents , selon l’ouverture de
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