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Seconde partie. Tome second.
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Chap. V. des Canaux exe’cute’s par les Modernes. -373'écrits qu’on a produit à cet égard, aussi-bien que pour joindreles autres Rivières de France , ce Royaume n’ayant point de Pro-vince où l’on ne puisse faire des communications par eau, je nefinirois point si je voulois rapporter tout ce que l’on peut dire àleur occasion ; c’est pourquoi je vais terminer ce Chapitre parle Canal qui a été fait en Russie au commencement de ce sié-cle.

1101. De tous les Souverains qui fe font portés à faciliter à Eloge daleurs Sujets les moyens de s’enrichir par le Commerce, il yen a peu qui ait. mérité plus justement le titre de Grand , que pereur dePierre I, Empereur de Russie , dont la conduite a été si rem- R u JT ie -plie de merveilles, qu’on pourroit la regarder comme fabuleuse,íì elle ne s’étoit manifestée de nos jours, & pour ainsi dire fousnos yeux.

Les Russes formoient presque un Peuple séparé des autres Na-tions de l’Europe, parle peu de liaison qu’ils avoient avec leur voi-sins, 6 c ils n’étoient aucunement touchés des connoissances quiélèvent 1 esprit, ni des Arts en honneur chez les autres Nations,lorsque vers la si n du dix-septiéme siecle , Pierre I, par le droitde sa naissance, se trouva en possession du Thrône de Russie,dans un âge où l’on ne s’occupe ordinairement que des plaisirsqui font le partage de la jeunesse. Mais ce Prince rempli de plusnobles idées, qu’il ne tiroir que de la bonté de son propre fond ,forma sans conseil ni sans secours qui pussent seconder ses vues,

3 e vaste dessein de créer en quelque forte dans ses Etats un Peu-ple nouveau, en lui inspirant par la force de son exemple le goûtdes Sciences , l’industrie du Commerce, & í’amour de la gloireque l’on acquiert par les armes; au lieu que la politique de sesPrédécesseurs avoir été de suivre des maximes toute contraires,jusqu a interdire à leurs Sujets, nés dans i’esclavage , la liberté devoyager, de crainte que devenant plus éclairés, ils réouvrissent lesyeux fur la rigueur de leur état. Cependant les Russes ne man-quoient point de pénétration ni de ce génie naturel qui ne de-mande qu’à être développé pour devenir capable des plus gran-des choies , comme ['expérience í’a fait voir depuis.

Je n’entreprends point de rapporter ici les traits glorieux, patlesquels ce Prince est parvenu à rendre son Empire dans l’étattflorissant où il l’a laissé , & le haut desré de réputation que sesarmes ont acquises. Pour ne point m écarter de mon sujet, ilsuffira de dire qu’après qu!il eût voyagé en Hollande, en An-f ~

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