Observa-tion sur lamaniéré decreuser unCanal dansun terreinde tourbe.Evenementremarqua-ble arrivé dcette occa-Jìon.
598 .Architecture Hydraulique. Livre IV.cinq roifes d’épaisieur au sommet; on prendra les terres nécef-faires à leur construction dans les contre foliés, en laissant desbermes de dix toises de largeur pour suppléer à leur peu de so-lidité.
> l 2 Le terrein aquatique qui demande le plus d’attentionquand on veut le creuser, est celui de tourbe , étant dangereuxde séventer lorsque ses côtés font chargés du poids de quel-ques édifices , comme on en va juger par cet exemple. En17$ 5 , le Magistrat d’Amiens voulant faire curer la Riviere deSomme dans ia partie qui traverse cette Ville, où elle est ren-fermée entre deux Quais bordés de maisons , on en détourna leseaux en les faisant passer par un autre bras : lorsqu’elle fut à secon rangea dans son milieu une file de pionniers, qui commencè-rent par creuser une tranchée de quatre ou cinq pieds de pro-fondeur fur stx de largeur. Comme le lit de cette Riviere est unbanc de tourbe d’environ dix pieds d’épaisseur, on fut bien sur-pris de trouver le lendemain matin cette tranchée rétrécie demoitié, ôc de voir que les deux Quais, ainsi que les maisons,avoient fait en avant un petit mouvement , dont la continua-tion en auroit entraîné la ruine entiere dans le courant de lajournée : mais heureusement une personne qui connoissoit cettenature de terrein assura que le seul remede pour arrêter lessuites de cet accident étoit de remettre au plutôt l’eau dans laRiviere pour remplir les pores de la tourbe; en effet, aussi tôtqu’elle y fut rentrée , l’équilibre se rétablit, les édifices précédensn’ayant pas bougé depuis.
On peut déduire de cet exemple que pour pratiquer un Ca-nal dans un terrein tourbeux, il faut le creuser par parties, laissantde huit en huit pieds des témoins en maniéré de cloison, d’en-viron deux pieds d’épaiffeur fur toute fa largeur, pour en soute-nir les bords contre la poussée du poids des Digues, pendantque l’on travaillera à sec. Pour cela il faut diviser les intervalles >précédents par d’autres petites cloisons transversales, afin d’avoirîa facilité d’épuiser l’eau de chaque compartiment à mesurequ’on les approfondira, & la laisser ensuite entrer quand on auradéblayé jusqu’au fond , pour n’avoir plus à craindre la pouLfée latérale. A l’égard de toutes ces cloisons dont les surfacesdoivent être à plomb , parce que la tourbe n’est point sufcepr 1 'bîe d’éboulement, il sera aisé de les enlever moyennant 1 u *a"ge d une machine aussi simple qu’ingénieuse , imaginée p ar Q . 'le Duc de Chauînes, pour tourber au fond de l’eau jusqu à la