334 HISTOIRE DES NUMIDES.
Sacr. I. comme quelques Auteurs l’apellent, Terra Metagonitis , étoit sc'paré duDiscrip- Territoire de Carthage par la Rivière de Tusca & de la Mauritania Casaricnfi*tian de le p ar \’Jmpsaga. La côte maritime de cette Province est parsemée de mon*Numidie. ta g ne s & de rochers, ce qui s’accorde assez avec le nom que lui donneJbulféda , sçavoir, á'El Adivah , le Haut Pays. II n’égaloit pas à beaucoupprès en étendue les Territoires qui formoient le Royaume des MaJpesTliens, quoique cette Nation soit représentée par Strabon comme moins puis-sante que celle des MaJJyliens . Nous nous contenterons d’indiquer les p'rin*cipales Places de ce Pays, fans faire aucune mention des autres (a).
Cirta. La Capitale de cette Province,ou plutôt de ce Royaume, étoit Cirta tVille fameuse dans l’Histoire ancienne. Elle étoit à 48 milles de la Mer»& à une petite distance de YAmpJaga. Strabon en fait une Forteresse con*fídérable, que Micipfa peupla d’un bon nombre de Grecs. Mêla & Plinedisent que de leur tems cette Place étoit connue fous le nom de Sìttiano-rum Colonia. Ce nom lui fut donné à l’occasion de la Colonie que P. Sit -tius y fonda. Ce Romain reçut comme récompense des services qu’il avoitrendus à César dans la Guerre A'Afrique, un Territoire qui avoit autrefoisappartenu à Manajfès , un des Confédérés de Juba , s'il en faut croire Ap»pien & Dion. C’est ce qui a fait apelier cette Place Cirta Julia par Pto-lomée , qui nomme le Territoire voisin, le Dìstrift des Cirtésiens, qu’il dis-tingue de la Numidie , en y comprenant les Villes de Vaga, de Mìraum ,de Larés , à’/Etara & á'Azama. Pour se convaincre que Cirta a été unedes plus grandes Villes de Numidie , on n’a qu’à considérer ses ruines, quisubsistent encore, & la commodité de sa situation. La plus grande partieen étoit bâtie fur une espèce de Promontoire, inaccessible de toutes partsexcepté du côté duSud-Ouest. Ce Promontoire avoit un mille de circuit,étoit terminé vers le Nord par un précipice, qui avoit plus de ioo brasses deprofondeur. Du haut de ce précipice se voyoit le pus beau Paysage qu’onpuisse imaginer. A l’Est la vue étoit bornée par une rangée de rochers, beau-coup plus élevés que la Ville;mais au Sud-Est le Pays étoit plus ouvert,offrantaux yeux dans le lointain la haute Montagne apellée à présent Ziganeah , aussi-bien que les fertiles Hauteurs connues fous le nom moderne de Seedy Rougeife .Le Promontoire dont nous venons de parler, étoit séparé des Plaines voisi-nes par une Vallée étroite & profonde,où couloitune petite Rivière, furlaquelle il y avoit autrefois un Pont admirablement bien travaillé. L'Isth-me, près duquel étoit la principale porte de la Ville, est à peu près d’undemi-stade de largeur, & n’est couvert que de ruines de Murs & de Ci-ternes, qui descendent jusqu’aux bords de la Rivière, & s’étendent dansune petite Plaine, parallèle à la Vallée que nous venons de décrire. Lesrestes d’Antiquité les plus remarquables qu’on y voit,sont 1. une vingtai-ne de Citernes , qui toutes ensemble remplissent une aire de 50 verges estquarré, située vers le centre de la Ville. 2. L’Aqueduc, dont les restes »quoique bien plus défigurés par le tems que les Citernes,fait encore admi-
(a) Strab. L. II. Plm. Mel Ptoí. ubi supr. Abuîsed. m Geogr. ex traduct. V. C. hGagnier. Shauw ubi supr, c, 7. & alib.