78 CONQUETES &c. DES PORTUGAIS
Section Maures, avec lesquels les Portugais firent un commerce fort avantageuxCwtite s iiand ds v ^ rent qu'ils ne pouvoient les subjuguer ; ils conclurent un Trai-des Portu- td avcc le Roi de Bornéo, auquel les deux Parties trouvèrent leurgais fans compte (d).
k% Indes Vers le même tems que les Portugais commenceront à avoir quelqueà- correspondance avec les habitans de Bornéo, ils eurent auíîì connoissanceCommerce de de Celebcs, les uns disent par hazard, & les autres parìe naufra-de S i’ortu- ge de quelqu’un de leurs vaisseaux ; mais on convient qu’ils n’en eurentgais avec qu’une connoissance fort superficielle jissqu’au tems qu’Antoine de Gaivano,tes Hahi- Gouverneur des Molucques, renvoya chez eux deux des naturels de Ce-íebef»/? e ” ^ es » siu’ii avoit convertis au Christianisme : ils porterent plusieurs deMacassár. leurs compatriotes à se faire Chrétiens, & établirent la bonne intelligenceentre les Peuples de cette Iíle en général & les Portugais (b). La grandeIíle de Celebes est séparée de Bornéo par le Détroit de Maccassar. û ’ -trgen •fola & d’autres Auteurs disent que les habitans ont le teint blanc, & quec’étoient autrefois de grands Pirates ; ils nous donnent' aussi une idée del’ancienne forme de Gouvernement établie dans cette Iíle, qui semble con-firmer qu’il y a eu de grandes révolutions dans ces Pays avant l’arrivéedes Européens. Ce qu’ils en disent revient en substance à ceci. Qu’il yavoit originairement sept Royaumes ou Principautés dans fille , dont lesSouverains s’assembloient pour élire un Monarque, dont 1 autorité étoit li-mitée dans fa nature, mais s’étendoit fur toute fille, & que les Electeursdépoioient en cas qu’il abusât de son pouvoir, & qu’il en passat les bor-nas (c) (*). Les Portugais regarderont la découverte d’un si grand Payscomme une chose de la derniere conséquence, & prirent des mesures pours’assurer f amitié de Peuples qu’il n’étoit pas aisé de subjuguer, & qui pou-voient être utiles à leurs Alliés (d).
Motifs qui Les Macassars étoient plus vaiílans & plus intelligens que les autres In-ITMacss- àus , ensorte qu’après avoir eu quelque tems commerce- avec les Euro-
sars ii a- péens ,
bamhmer (q) L^ftau, L-HI> P- 2.21. (c) Cervoise , Hist. de MacaíTarp. 31.
leur an . (U* Ç’ e ^ )a Relation de Gaivano , dans sonderme As- Uvre, intitulé Découvertes.
ligion.
Maffttus, L. X. Ch. 11.
mourut vers l’an 1691. Les Portugais de Macao faisoient depuis quelques années ungrand commerce avec les Maures des côtes, & à leur príere y établirent un Comptoir;mais ies Maures le surprirent & le pillèrent dans la fuite , massacrant la plupart de ceuxqui y étoient (1).
(*) H ne seroìt pas difficile de prouver, sic’en étoit ici le lieu, que quoi qu’on dise dela barbarie de eeS Peuples, il n’est presque aucune forme de Gouvernement connue, quine fût établie dans les Indes quand les Portugais y pénétrèrent ; & ceux qui font bienau fait de l’Bistoire de ces Pays, s’apperçoivent fans peine que les choses alloient en déca-dence parmi les naturels, quoiqu’elles ayent bien décliné depuis. On peut voir par la Re-marque précédente, qu’il n’y a pas beaucoup de fonds à faire fur ce qu’on rapporte dePeuples qui font séparés des autres , & comme cachés au reste de PUnivcrs. ues Mau-res représentent les Beajons à peu près comme des bêtes à deux pieds, tandis que le Mis-sionnaire Italien , qui a vécu & est mort parmi eux, & qui n’avoit aucun intérêt âdéguiser ou à dissimuler ia vérité, assure qu’ils étoient plus vertueux Lt plus sages que lesMaures.
fi) tícm. Carrer;, Voy. autour dn .Monde, T. III, U III. Ch. 5.