iï6 DECOUVERTES &c. DES ESPAGNOLSSection ç e gfand Homme étant de retour de son heureuse découverte, FerdinandRecherche & Isabelle jugèrent à-propos, suivant L coutume & la politique de ce& décou- tems-là, de s’adresser à la Cour de Rome, pour se faire confirmer leurs-vefte(Vune droits liir ces Pays nouvellement découverts, & fur ceux que son décou-nouvelle vr j ro j t encore (a). Alexandre VI. qui occupoit alors le Siégé Papal, donnarmite pour ^ ] cUrs Majestés Catholiques Finvestiture des Indes, avec une souveraine au-Indes^Ô* torité sur tout cet Hémisphère, & du consentement & avec l'approbationrientales. de tout le Sacré College, la Bulle fut expédiée dans la forme ordinaire le
- deuxième de Mai 1493 , accordant à leurs Majestés Catholiques les mêmes
Le Pape ( j ro j ts A prérogatives qui avoient été auparavant accordées aux Rois deiïZï: Portugal dans les Indes Orientales & fur les Côtes d’Afrique ; & par unevis leurs autre Bulle du troisième de Mai de la même année, il statua qu on tire-droits fur ro j £ une ligne d’un Pôle à Fautre, á la distance de cent lieues des Iílestes Terres ^^ores & de celles du Cap Ver d, & que toutes les Isles & les Terres dé-'lefpar' couvertes ou que l'on découvriroit à l’Occident & au Midi, appartiendroìentColomb, aux Rois de Castille & de Léon, moyennant qu’elles nefussentpas occupéespar quelque Prince Chrétien avant Noël, menaçant des foudres de l'Eglisetous ceux qui passeroient dans ces Pays (L). Ces Bulles, destinées a termi-ner les différends entre les deux Couronnes, bien loin de produire cet effet,ne servirent qu’à rendre les animosités plus vives ; le Roi de Portugal repré-senta à leurs Majestés Catholiques & à la Cour de Rome, qu’on lui faisoitgrand tort par ce partage , prétendant que les Pays nouvellement découvertslui appartenoient, & menaçant d’envoyer une Flotte pour soutenir ses
droits (c). „
Différends On en vint cependant à la négociation, & 1 on convint que pour pré-enire /’Ef- ven j r des querelles qui ne pourroient qu’ètre préjudiciables aux ' deux Cou-pagne ronnes ? on nommeroit de part & d'autre des Commissaires, pour discuterXméS» & régler les choses à Famiable. Les Commissaires choisis de part & d’au-
tre
(o) tTerrera, Hist. de las Indus Occid. Héc. I. L III. C. 4.
Dec. I. L. II. C. 4. (c) La Clede , Hist. des Portug. T. L
(-) Mariana, L. XXVI. C. 3. Herrera p. 542, 543.
vue par de pénibles travaux depuis tant d’années (1). Pour foire comprendre une chose,qui en ce tems-là devoir paroìtre fort étrange, il dressa une Mappemonde suivant sesidées, & appuyée de i’autorité d eStraton, de Ptolémée, de Pline & d’ Isidore , par Ia-queile il entreprit de démontrer , qu’en allant à l’Occident de l’Espagne il devoit néces-sairement arriver aux Indes, telles que les décrivent ces Auteurs (2). Son frere Barthe -terni Colomb publia cette Carte à Londres en 1480, & quoiqu’elle fût fausse à divers égards,sur-tout pour ce qui regardoit les distances, qu’il avoit faites moins grandes qu’on ncles trouva dans la fuite, soit qu’il eût été induit k erreur par ses Auteurs, ou qu’àdes-sein ii eût voulu représenter l’expéditiqn comme très-poilible; avec tout cela son planétoit très - bien fondé, & doit paroìtre à ceux qui l’exarainent attentivement & fans pré-jugé , un des plus grands efforts de l’esprit humain ; sur-tout fi l’on considéré qu’il]''exécuta avec autant de prudence ví tje courage, qu’il Pavait formé avec habileté &jugement (3).
(i) Vita dell Amtniiagl-o Colombo, (3) Nukíujt > Vol. 111 . §. a.
(z) Ut r r cru , Dec. 1 . L. , 1 . C. 7 . ' "
\