D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VIL i 9
élire. Trois Seigneurs partageoient les suffrages, Albert, Comte de Goritz, ^ d . AJ-Rodolphe, Comte de Habsbourg, & Bernard qui portoit le titre de Duc de iemagne, 'Carinthie, quoiqu’Ottocare poíîedât ce duché. Les débats qui s’éleverent 12 54-i3J3.
au sujet de ces Seigneurs furent tels que les Electeurs, ne pouvant s’accorder --
fur !e choix d’&n Empereur, convinrent de s’en remettre au jugement deLouis le Sévere, Duc de Bavière, & promirent de reconnoître celui qu'ilnommeroit (i).
Louis le Sévere, avant que de se décider, consulta le Burgrave de Nurem- RMpktberg & lui demanda si dans le cas où il donneroit la préférence à Rodolphe , Cí ^'-s dscelui-ci lui accorderoit bien en mariage Tune de ses filles; il en a six, lui H^sbourgrépondit ce Burgrave & cousin du Comte de Habsbourg: élisez le, & choisiífèz * j Z 2 “‘celle qui vous conviendra le mieux. Louis le Sévere ne balança plus, &nomma Roi des Romains Rodolphe, Comte de Habsbourg,chef de l'illustremaison d’Autriche, & dont quinze defeendans ont occupé le trône de l'Em-pire. Louis le proclama, & tous les Electeurs, à i’excepdon d’Ottocare,
Roi de Bohême, applaudirent au choix.
L’opinion la plus généralement reçue est que la Maison de Rodolphe, sort Origine &de celle d’Alsace, réputée l’une des plus anciennes maisons Souveraines de grandesl’Europe. Elevé h la cour de l’Empereur Frideric II, il paslà à celle d’Ot- *
tocare, Roi de Bohême, qui le fit grand Maréchal de fa cour; il fut nommé Roiol ^ ì! -dans la fuite Général de la cavalerie de Bohême, & il se signala par sa valeurdans la guerre d'Ottocare contre Bêla IV, Roi de Hongrie; mais de quelqueshonneurs qu’il jouit à la cour de Bohême, il la quitta, & se retira dans sesterres, où il se fit respecter par sa prudence & son caractère bienfaisant, au-tant qu’il se rendit redoutable par ses talens militaires ( 2 ).
Ce fut donc h ses grandes qualités & non h fa puissance que ce Prince futredevable du sceptre impérial, car Rodolphe n’étoit rien moins que riche,
& ses domaines étoient fort peu étendus. II l'emporta pourtant fur Alphon-se X qui s’opposa fort inutilement à cette élection. Frideric, Burgrave deNuremberg sut député pour aller porter à Rodolphe la nouvelle de sa pro-clamation; nouvelle d’autant plus surprenante pour lui, que, ne se doutantpoint cjue l’on dût songer seulement à lui dans cette diete, il étoit alors oc-cupé ù faire le siégé de Bâle, dans une guerre très - injuste qu’il poursuivoitcontre l'Evêque de cette ville.
A la nouvelle de son élévation, Rodolphe, impatient de jouir de sa nou- Courcme-velle dignité, leva le nege & se rendit à Francfort, d’où, accompagné des nemde R cElecteurs, il alla à Aix la Chapelle recevoir la couronne impériale. Sui- rfs ^ e > bvan t l’ufage constamment observé, cette cérémonie étoit terminée par la ^ritildonneprestation de la foi & hommage des Princes au chef de l’Empire. Mais il rinvestitureétoit d’ufage austi que pour recevoir ce ferment, l’Empereur devoit tenir son auxVrinces.sceptre à la main, & le hazard ayant fait qu’on n’avoit point porté le scep- 1273>tre h Aix la Chapelle, les Princes prétendirent que fans cet attribut, leMonarque ne pouvoit ni recevoir leur serment, ni leur donner l’investiture.
Pour trancher la difficulté, Rodolphe prenant le crucifix qui étoit sur l’au-
(1) Struvius Perioì. 9-10. Albert Argentin. Tugger. L. 1. c. y. (2) Pragmaúca.
Lib. 1. Spener Hijl. Germ. (Jniv. Lib. S. cap. 8- Wikelim. ImhoíF. Neiel Procetitm.
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