D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. VII. 49
son reíïèntiment, & le Prélat qui ne pardonnoit pas aisément les injures, se Hist. d’AI-voyant enfin en état de se venger, joignit ses troupes à celles que lui fourni- lemagne,rent quelques villes Impériales, marcha vers le Comté d’Alsace, & porta le "54-rzi z.ravage & la destruction dans les terres du Comte, qui se crut trop heureux d’ob-tenir la paix, en s’engageant de donner fa fille en mariage au dit Othon d’Och-senstein.
Trop content du succès de ses armes pour reprendre si-tôt les fonctions é-piscopales, Conrad passa le Rhin & conduisit ses troupes au secours du ComteEgon de Fribourg son beau-frere, qui maître de la citadelle de Fribourg, a-voit entrepris de soumettre à son obéiflance les Fribourgeoìs; ceux-ci se dé-fendoient avec vigueur; Conrad les assiégea dans leur ville, & l’Empereur àla tête d’une partie de ses forces vint lui-même seconder le Prélat: mais à Entreprisespeine il étoit arrivé, que des affaires plus preíîàntes le contraignirent de s’é- militairesîoigner: fa retraite ralentit la chaleur des assiégeans, & ranima le courage r >mor , t J e .de”assiégés, qui, agresseurs à leur tour, formerent le siégé de la citadelle. q^díSm'-Conrad très-irrité, imagina, pour réduire les Fribourgeois, de les affamer, bourg.
& dans cette vue il alla ravager la campagne; ses soldats que la présence de 129s.l’ennemi ne contenoit pas, n’observoient aucune discipline ; les Fribourgeoiss’appercevant de ce désordre, firent une brusque sortie, & tomberent sur unpetit corps commandé par l’Evêque, celui-ci tint ferme & le combat devinttrès-meurtrier ; le casque en tête & la cuirasiè fur le dos, l’Evêque perçoit& massacroit tout ce qui se présentoir devant lui, & vraisemblablement ileut fini par remporter une victoire complette, si un Boucher de Fribourg,ne se fut approché de lui, & ne lui eut porté un coup mortel au défaut dela cuirasse. L’Evêque ne sentant point d’abord tout le danger de fa bleslùre,continua pendant quelques instans ses exploits héroïques; mais affoibli par laperte de son íàng, il fut contraint de se retirer; son armée fut totalement dé-faite , & il alla mourir lui - même, en guerrier redoutable bien plus qu’enpieux Evêque, à Strasbourg, où il avoit gouverné par les armes encore plusque par la crosse pendant 35 ans & demi (i). Son frere Frideric de Lich-tenberg lui succéda, & reçut ^investiture du temporel des mains d’Albertqui étoit retourné à Strasbourg.
Une affaire très-importante occupoit alors l’Empereur ; il avoit envoyél’Evêque de Toul & le Comte d’Oettingue à Rome,pour engager le Pape àle reconnoître Empereur; mais le fier Boniface n’avoit pas voulu y consentir,au contraire, il déclara que jamais il n’approuveroit sélection du meurtrierd’Adolphe de Naflàu, légitime chef de l'Empire. Albert connoiíîànt asltz Précautionsle caractère du Souverain Pontife, pour sentir qu’il ne s’en tiendroit pas à ^^‘g onìcette déclaration, & pour se précautionner contre ses entreprises, conclut a- vill.vec Philippe le Bel un traité par lequel il fut convenu que les deux Monar-ques fe soutiendraient l’un l’autre, contre tout ennemi qui attenteroit auxdroits de l’Erapire, ou h ceux du Royaume de France: & il est évident quel’entreprenant Boniface étoit l’objet de cette clause (a).
Quelques jours après, Albert ayant convoqué une diete h Toul, où fe
O) Hist. d'Alsace. T. i. Liv. 22. Cuspinianus in Albert Imper.
Corp. Diplom. T. 1. Part. i. p. 324. Leibnitz co J. Diplom. Part. 1. p. 41.
Terne XL, G
(2) Dumont.