D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. VII. 51
malgré une rivière profonde qui le séparoîc de l’ennemi, il traversa, suivi irade plusieurs des siens, la riviere à la nage, fur un détachement des Impé- lemasneriaux, en massacra une partie, contraignit les autres à se rendre prisonniers I2 54- : 3n.& allarma si fort Albert, qu’il se retira précipitamment avec ses troupes, & —-alla se retrancher sous les murs de Cologne. Jean d’Avesnes suivit les Im-périaux, dans la résolution de les resserrer sous Cologne & de les obliger àen venir à une action, ou de les affamer; effrayé du danger, Albert fit of-frir par l’Archevêque de Cologne de céder au Comte Jean toutes fes préten-dons fur les Comtés de Hollande, de Zélande & de Westfrise, à conditionseulement que Jean en feroit hommage L l’Empereur. Cette proposition futacceptée, Jean fut investi de ces Comtés, & rencontra en se retirant un corpsde Zélandois que Reneffe conduisoit au secours de l’Empereur;le Comte Jeanfondit fur ces rebelles, remporta une grande victoire , proscrivit Jean deRenellè, & confisqua tous ses biens, qu’il distribua aux Hollandois & auxFrisons qui l’avoient suivi dans cette expédition (1).
Albert fut mieux fondé dans la guerre qu’il entreprit contre le Comte Pala-tin du Rhin & les trois Electeurs Ecclésiastiques : ils s’étoient emparés despéages du Rhin dont les produits faisoient l’une des plus fortes parties desrevenus du chef de l’Empire. II commença par sommer ces quatre Princes Guerrede restituer ces péages, & ils refusèrent avec hauteur. Gerhard, Archevê- d'Albertque de Mayence, se trouvant hia chaste avec l’Empereur, & celui-ci lui cm,rtq, ‘ a 'ayant parlé de cette restitution, le Prélat en montrant son cor de chasse eut fj l f. eu,ísimprudence de répondre , il y a encore plus d’un Roi des Romains dansce cor, & je n’ai qu’à souffler dessus pour en faire sortir un. Quelqu’irrité * 3 01.
que fut & que dut être l’Empereur d’un propos aussi offensant, avant que d’envenir aux dernieres extrémités, il envoya l’Evêque de Bâle à Rome pourprier le Pape d’ordonner aux trois Archevêques de faire cette restitution.
Cette démarché de la part d’Albert étoit, suivant nous, d’autant plus incon-séquente, qu’il s’a gifíoit àes droits de la couronne Impériale, au sujet des-quels le Pape n’étoit nullement autorisé h prononcer; d’ailleurs, Albert n’i-gnoroit pas que la cour de Rome refufoit de le reconnoître pour chef del’Empire; aussi Boniface prévenu par les quatre Electeurs, s’occupoit forte-ment alors de la ruine de l’Empereur, & pour y parvenir il s’étoit rapprochéde Philippe le Bel, qu’il avoit prié de lui envoyer Robert, Comte d’Artois,fils dc Robert, fils de S. Louis } ofin que ce Prince 5 h la tête des troupesqu’il amèneroit, & de celles que l’Eglise lui fourniroit, vînt accabler lesfactieux d’Italie. Í1 est même plus d’un auteur qui prétend que Boniface s’é-toit engagé à élever Charles de Valois au trône Impérial. L’altier & vin-dicatif Boniface étoit bien capable de concevoir un tel projet; mais très-assu-rément Philippe le Bel étroitement uni avec Albert, étoit trop éclairé pouraccepter de telles offres (2). Quoiqu’il en soit, tout entier au désir de per-dre Albert, le Pape écrivit aux trois Electeurs Ecclésiastiques une lettre danslaquelle, après avoir dénoncé l’Empereur comme aslàssin d’Adolphe & usur-pateur de la couronne Impériale, il les fommoit de lui ordonner de se ren-
(1) Antiq. dt la Gaule Belgij. L.S.Part. 3. Périod. 4. ch. 3.
(r) Aventiu. L. 7. cap. 13. J hiai. Hislvr.
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