Buch 
40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
Seite
64
JPEG-Download
 

SecT. VII.jHî/I. d* Al-lemagne ,irzq. iz,Z.

Sage a'ími-

ììijlrationde IUnri

Vil.

Réponsesure de Frideric, Ducd' Autrichequi ejì in-vesti de ceDuché parl'Empereur,

§4 HISTOIRE DE L’EMPIRE

la couronne Impériale, aux acclamations publiques, & en cela on ne faifoìcque lui rendre justice. 11 y avoir long-tems que le trône de Charlemagnen’avoit été occupé par un auíîr respectable Monarque ; à la plus héroïquevaleur, h la plus rare fermeté , Henri de Luxembourg réunissent prudenceconsommée, intégrité parfaite, la plus grande douceur de caractère , & unzele éclairé pour la religion, qu’il fçut toujours concilier avec les devoirs deson rang & la majesté de son trône: fa maison dont l'origine fe perdoit dansla nuit des rems étoíc illustre, & sïl n’étoit pas riche, le Comté de Luxem-bourg ne renfermant que neuf villes, une sage économie & beaucoup demodération suppléoient à l’opulence que la fortune avoit refusé à cet illustrePrince.

Les deux derniers Empereurs, Rodolphe & Albert ne s’étoient occupésque des moyens d’enrichir leur famille. Plus grand, plus généreux, HenriVII ne songea qu’à la gloire de l’Empire, & le premier dessein qu’il forma,fut celui d’aller, aussitôt qu’il lui seroit possible, rétablir en Italie son auto-rité, que l’indolence ou l’avidité de Rodolphe & d'Albert, les entreprises& les usurpations de la cour de Rome y avoient presque totalement étein-te. Mais avant que d’éxécuter ce dellèin, il falloit étouffer les semences detrouble & de dissention qui fermentoient encore en Allemagne : & ce fut àcette nouvelle pacification que le nouvel Empereur consacra les premierstems de son régné, après avoir reçu l’hommage & le serment des Princes,des Seigneurs & des villes situées le long du Rhin, il tint à Spire une dietegénérale, où il fit publier les plus sages réglé mens, ce fut auífi dans cettediete que des députés d’ítalie vinrent lui faire la peinture de la triste situationde leur pays & le conjurer d’aller y rétablir le calme, qui depuis fi long-temsétoit banni de ces contrées (i).

Le plus turbulent des Seigneurs de l’Allemagne , étoit alors Eberhard,Comte de Wirtemberg, hardi, entreprenant, toujours prêt à susciter desmouvemens séditieux. Eberhard se présenta audacieusement à Spire, escortéde 200 chevaux: suite qui n’en imposa point, il fut hautement accusé d’a-voir troublé la paix publique, & l’Empereur le mettant au Ban de l’Empirechargea Conrad de Winsberg de le réduire par la force des armes.

Henri VII étoit entierement lié avec la maison de Bavière; il savoit qu’elleavoit été injustement & tyranniquement opprimée par Rodolphe, & il prorposa lui même cette question, savoir, fi les Ducs d’Autriche actuels pou-voient légitimement posséder ce Duché. La plupart des Seigneurs conclu-• rent à la restitution, & dirent hautement qu’on ne pouvoit fans injustice re-fuser de rendre l’Autriche à la maison de Bavière : cet avis alloit former lerésultat de la délibération, lorsque quelques Seigneurs attachés h la maisonde Habsbourg, représentèrent que ce seroit s’exposer encore h de nouvellesguerres, & que ce malheureux pays avoit déjà couté la vie à cinq Rois,”oui fans doute, (ajouta fierement le Duc Frideric rainé des fils d’Albert,)& Henri, qui veut disposer de mon patrimoine, pourra bien être le sixièmeRoi à qui mon Duché d’Autriche sera funeste (a). L’Empereur trop brave

- lui—

(i) Albert Argentin. Chroric. pag. 115. Hirsang. Trithemius. (r) Spener. lìijï.Cem. Univ. T. 2. L. 1. Hìrsarjg. Cuspinianus.