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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’ALLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. VIII. k 97

raisons qu’il euc de punir le rebelle, n’oíà cependant pas se con - mettre, luipermit de se retirer & se contenta de faire observer ses démarches (i)-

Cet excès d’indulgence, ou plutôt la certitude de l’impunité ne fit qu’a-joûter à l’audace de Lippa, mais peu de jours après passant presque seuldans les rues de Prague, & ayant insulté quelques seigneurs de la cour, ilfut arrêté & conduit prisonnier dans un fort. Ses partisans trop foiblespour le délivrer, s’adreííèrent h Léopold d’Autriche, qui promit de paroîtrcen Bohême, dans l’espérance qu’auffitôt qu’il s’y montreroit, les mécontensqu’il croyoit en beaucoup plus grand nombre qu’ils n’étoient, prendroientles armes. Le Roi Jean averti à teins, appella h son secours les Archevê-ques de Mayence & de Treves, qui lui amenerent des troupes, & agissantcomme arbitres entre le Peuple & le Roi, ils offrirent des íàuf-conduits àtous les mécontens, les invitèrent à se rendre à Prague & promirent de répa-rer tous les torts dont ils prétendoient avoir à se plaindre (2).

Après bien des contestations, les deux Prélats & le Roi de Bohême ren- Lestreubletdirent la liberté à Lippa, à condition qu’il donneroit pour sûreté de sa sou-misiìon six gentilshommes de ses partisans en otage, & qu’il restitueroit six centwforteresses dont il s’étoit emparé. Cette affaire terminée les Archevêques deMayence & de Treves prirent congé de Jean, qui croyant le calme entière-ment rétabli, voulut absolument, & malgré les représentations de la Rei-ne, accompagner Baudouin jusques à Treves & de là passer dans le Luxem-bourg; mais à peine il se fut éloigné, que les troubles recommencèrent,ensorte qu’il fut obligé de hâter son retour, afin d’arrêter par sa présence lescomplôts des factieux. La véritable & trop fertile cause des troubles quidepuis si long-tems agitoient ce Royaume étoit la jalousie mutuelle, la haine& l’ambition des deux Reines, qui se détruisoient d’autant plus, que le pu- Leur etuít,sillanime Jean ne íàvoit en imposer h l’une ni à l’autre. Accoutumée à domi-ner, la veuve de Wenceslas poffedoit un très-riche douaire, & par celamême elle s’étoit attachée un nombre considérable de seigneurs, fur les-quels elle répandoit les bienfaits & les grâces: Lippa son confident & sonconseil, irrité de voir le crédit de la veuve de Wenceslas baisser en propor-tion de l’autorité qu’acquéroit fur l’esprit de son époux la Reine régnante,donna des conseils violens à fa protectrice, & fit répandre contre la jeuneReine des bruits si calomnieux, qu’ils dévoient inévitablement lui faire per-dre en même tems l’estime & la tendresse de son époux. Ce moyen réussiten partie, le crédule Jean adoptant tout ce que l’on voulut lui persuader,témoigna beaucoup de froideur à son épouse, & envoya son fils, en faveurduquel on accusent la reine de cabaler & de méditer une révolution, auprèsde Charles, Roi de France.

Peu content de ces arrangemens, le timide Jean, dégoûté du poids d’u-ne couronne qui ne lui procuroit que des foins & des désagrémens, prit larésolution de se démettre de son trône, & de l’échanger contre le Palatinatdu Rhin, dont l’Empereur s’étoit emparé fur le Comte Rodolphe son frere,pour le punir d’avoir soutenu la cause de Frideric d’Autriche. Jean n’eut

(î) Id. ibid. Barre. Hist. d'Ailem. Tom. 6 . P. 13:3. £? suiv, (r) Cbron, Aulte.

Rtg. Lobent.

Ttm XL.

Hist. d’AI-

lemagne,

131-1-140».

N