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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E Liv. XXV. Sect. VIII. 103

de la démarche de Christophe, se préparoit à se faire justice à Iui-mcme parJa force des armes (l); mais avant que d’en venir à ce moyen extrême, ilenvoya encore des négociateurs à la cour d’Avignon, pour tâcher d’arne-ner le Souverain Pontife h quelque accomodemenc : il est vrai que comme iln’efpéroit point du tout de réussir, il s’eíforçoit en même tems d’abattre en-tierement le parti de la Maison d’Ajtriche, & d’assurer en Italie la supério-rité aux Gibelins.. Chargés de ses ordres des agens allerent dans les Pays-Bas, en Lombardie- & dans les différentes villes d’Allemagne avec pouvoirde traiter en son nom avec tous les particuliers qui voudroient soutenir facause ; Ct, dans la vue de s’âttacher les Princes étrangers & de les attirer au-près de lui afin de négocier lui-même avec eux, il fit publier des Tournoisà Francfort & à Nuremberg, où les Seigneurs & les Princes étrangers nemanquèrent pas de fe rendre, comme il s’y étoit attendu, & où l’accueil diseíingué qu’il leur fit en détermina plusieurs à traiter avec lui. Jean XXII tou-jours attentif aux démarches de Louis V, pénétra les véritables vûes desTournois de Francfort, & afin d'éloigner les Princes, les villes & les parti-culiers de l'alliance de son ennemi, il fit répandre par l’Evêque de Magde-bourg & par Léopold d’Autriche une foule d’exemplaires de la bulled’excommunication, il ne fut pas trompé dans fes espérances; cette bullefit une si vive impression fur les villes d’Alsace, qu’elles fe déclarèrent pourles Princes Autrichiens, ainsi que les Seigneurs & les habitans du Pays Mes-sin. Toutefois Louis V avoir négocié fort heureusement à Francfort avecplusieurs Seigneurs,, mais quelques promesses qu’ils eussent faites, la craintedes foudres d’Avignon les effrayèrent, & ils refuseront tous de remplir leursengagemens: de maniéré que l’Empereur fut contraint de recourir aux Prin-ces de l’Empire, & de leur demander du secours : il fe ligua avec le Roi deBohême, 1 'Archevêque deTreves, Ferri, Duc de Lorraine & Edouard, Com-te de Bar, ils lui promirent tous de se trouver en personne à la tête deleurs troupes , & de ne faire ni paix ni treve, que da consentement de

//«/?. d’Al.

lemagne,

1314*1400.

Sa politique& mirejsedes moyen >qu'il em-ployé.

I32J.

Jl fe llgutavec lesPrinces dél'Empire.

î’Empereur (2).

En. exécution de ce traité conclu h Rheineck fur la Moselle, lès confédérésallerent assiéger la ville de Metz, contraignirent les habitans à capituler & àreconnoître Louis V pour légitime chef de l’Eropire. Vivement allarmé de ce#'succès, Jean XXII forma le projet d’opposcr à son ennemi un concurrent assez re-doutable pour lui faire perdre i’Empire,& ce concurrent fut le Roi de Fran-ce, qui, fe laiíîànt persuader par le Souverain Pontife,conclut avec Léopoldun traité par lequel le dernier s’engageoit, de servir le Monarque à conditionqu’aussi-tôt qu’il feroit élu Roi des Romains, il donneroit trente millemarcs d’argentau Duc d’Autriche. Quand celui-ci fe crut assuré d’un nom-bre assez considérable de Princes de l’Empire pour procéder à sélection, ilconvint avec Charles qu’ils fe rendroient l’un & l’autre h un jour indiqué à Fausse dé.Bar fur Aube. Us furent très-exacts au rendez-vous, mais malheureusement j^p^/aíails s’y trouvèrent seuls : aucun de ceux qui avoient promis d’y aller ne s’y faire auRatrendit, & le Roi de France honteux d’une aussi fauslè démarche renonça de Francs.

(1) Hutfeid Hist, Daniel Tom. z. Hervart dpoleg. aâvers Bzevium, (s) EiJKLuxemb. L. 48.