Sser. IX.flifì. dVil-Icmasne,1400-1440.
On délibérélie ne pointreconr.oiirel'Empereurpnur Roi deBohême.
1421?.
Fureurs &
dévastations
desHu£ìies.
ty 4 HISTOIRE DE L’E M P I R E *
clc guerres & de divisions ne pensoit pas comme la plupart de ses conci-toyens : à force de foins & de démarches il parvint à obtenir une suspensiond’armes; il engagea ensuite les divers ordres du Royaume à s’aílèmbler pardéputés h Prague, & là, par son avis, on consentit à reconnoître l’Empe-reur Sigismond pour Roi, à condition qu’il consentirait de son côté à per-mettre la communion fous les deux especes, & à accorder aux Huílìtes tou-tes les grâces qu’ils lui demanderaient. ^Cette délibération prise, on envoyades députés à la tête defquels étoit Meiuard von Neuhaus ou de Maisonneu-ve, vers l’Empereur, pour lui faire part de l'intention des Bohémiens. Si-gismond assembla une dicte h Presbourg, & là il répondit aux députés de Bo-hême qu’il n’étoit pas en son pouvoir d’accorder ou de refuser la communionfous les deux especes, que quand aux grâces & aux immunités que les Bo-hémiens demandoient, lorfqu’il en connoîtroit la nature, & quelles lui pa-roîtroient équitables, il ne feroit nulle difficulté de les accorder. La répon-se de l’Empereur portée h Prague, où les Etats étoient assemblés, on con-vint qu’il falloit recevoir Sigismond pour Roi, & déjà cet avis alloit palierunanimement, lorsque les Orphelins s’oppofant tout à coup à cette opinion,s’emporterent très - vivement contre l’Empereur, firent valoir avec beaucoupde force les raisons au’on avoir eues jufqu’alors pour l’exclure, & finirentpar conclure que la plus irréparable des fautes que puiíïè faire un peuplelibre est de s’assujetdr aux caprices d’un maître. Quelques chefs Thaborites,dont la guerre fervoit l’ambition & l’avidité, furent généralement soupçonnésd’avoir suscité les Orphelins, soit dans l’espérance de gouverner pendant letrouble, soit dans la crainte du ressentiment de l’Empereur, qui, une foisRoi de Bohême, le vengerait tôt ou tard des maux qu’ils avoient causés (1).Quoiqu’il en soit, les hostilités recommencèrent avec plus de vivacité qu’el-les n’cn avoient eu précédemment, les Orphelins & les Thaborites allerentravager la Mifnie : tandis que les Oberites dévastèrent les environs de Glatz& la Silésie. Procope persuada aux Bohémiens d’aller porter le fer & laflamme en Mifnie, & de profiter de l’inexpérience du Prince qui gouvernoitce pays.
A la voix de Procope, les Bohémiens fe mirent en campagne; il leur fitpasser l’Eibe, traversa la province de Leutmeritz, laiííànt par tout d'ineffaça-bles marques de son passage, s’avançi vers la Silésie & s’empara de la vieilleville de Dresde. Frideric le pacifique, Marquis de Mifnie, accourut au se-cours de la nouvelle ville, & fut bien secondé par le commandant de cetteplace, qui s’appercevant de la négligence des Bohémiens pendant la nuit,tomba fur eux, en massacra une partie, & fit beaucoup de prisonniers, qu’ilfit tous précipiter dans l’Eibe. Pour sc venger, les Bohémiens allerent s’em-parcr de Meissen, capitale de la Mifnie; tentèrent de se rendre maîtres deHayn; &, forcés d’abandonner cette entreprise, ils allerent épuiser leur ven-gcance & leur fureur dans la campagne, où ils mirent tout à feu & à sang,de même que dans la province de Luface & dans la Marche de Brandebourg.Enivrés de carnage, ils allerent dans la Baffe Luface, attaquèrent la ville deGuben, qu’ils firent consumer par les flammes ainsi que tous ses habitons.
(1) Theob. Bell. Iluffit. Byzinius Diarium, Bell, Ku£ìt,