D’A LLEMAG N E. Liv. XXV. Sect. IX. 309
& des députés des villes; sic fa paix avec les Thaborites, auxquels il accorda HUl.&'M*beaucoup de grâces, statua que déformais Thabor feroit réputée ville royale, lemagna,6c qu’elìe jouiroic des mêmes droits & privilèges accordés autrefois à la ville 1420-1442.d’Aust. Mais quelque considérables que luisent les privilèges que l’Empereur '
accordoic à fes anciens ennemis; les bienfaits & les grâces qu’il répandoit fureux, ne purent lui ramener encore tous les fanatiques; il y avoic qu.lquesbrigands, qui, enrichis à la faveur des derniers troubles refufoient de se sou-mettre , tel étoit un gentilhomme nommé Rohatecz qui, d’un fort construitprès des montagnes de Sion, faifoit, avec quelques autres scélérats, des in-cursions dans le^ voisinage, &, fous prétexte de venger la cause de la Reli-gion , dévastoit tous les environs. Sigismond envoya un seigneur de fes pa-rens à la tête de quelques troupes contre Rohatecz, qui fut pris ainsi que fessoldats & envoyé h Prague où ils furent tous pendus, ainsi que le prêtre dela garnison qui par fes exhortations cnflammoit leur fanatisme (1).
11 ne restoit plus dans la Bahême entiers que la ville de Gratz, qui refu-sent de reconnoître la souveraineté de Sigismond : la noblesse irritée se liguacontre cette viìle, elle fut vivement assiégée; non seulement les rebelles quis’y étoient renfermés repoussèrent les assiégeans, mais ils les attaquèrent &les mirent en déroute; ce succès ne fe soutint pas: défaits à leur tour, ilsdemanderent la paix, fe soumirent, & Zdislaw leur commandant, hommebrave & jadis moine, négocia avec tant d’adrestè que les rebelles de Gratzobtinrent de l’Empereur la même grâce qu’il avoit accordée au reste des ré-voltés. Le calme entierement rétabli, Sigismond s’occupa fout entier des Loismoyens d’assurer la félicité publique: il donna d’excellentes Ioix, & fit les gf;-mens deplus sages établissemcns; entr’autres celui d’un tribunal suprême où feroientdiscutées les affaires d’Erat, & composé de 12 Magistrats; 4 tirés de Tordredes seigneurs & barons, & huit de Tordre des gentilshommes ou Chevaliers:il établie aussi une chambre royale. Après avoir nommé Gouverneur duRoyaume le Burgrave de Maisonneuve ; TEmpereur fe rendit h Egra, oùplusieurs Princes de l’Empire allerent recevoir de lui Tinvestiture des fiefsqu’ils possédoient, 5 e qui pour la plupart relevoient du sceptre de Bohême.
L’un des premiers soins de Sigismond fut de rappelles les prêtres, les moi-nes 5e les bénéficiers, que les fanatiques avoient exilés durant les dernierstroubles & de rendre au culte des Catholiques toute son ancienne splen-deur (2). Les Iiussites en murmurèrent 5 e prétendirent que c’étoit violer lesclauses du formulaire d’union : mais bien loin d’avoir égard à leurs plaintes5 e à leurs remontrances, Sigismond dit à Rockyfane que jamais il ne consir-meroit son élection à l’archevêché de Prague, s’il ne commençoit à renoncerk la communion fous les deux efpeces 5 e s’il ne fe conformoit dans tous lespoints h la doctrine de Rome. Cette déclaration indisposa les Bohémiens, 6edans la vue de prévenir la fuite de cette fermentation qui eut pu dégénéreren révolte, TEmpereur envoya ceux d’entre les Thaborites 5 e les Orphelinsqui paroisscient les plus mécontens, en Hongrie, contre les Turcs, qui, dé-jà maîtres de Culpenic ôc de Baritz dans la Servie, s’étoient emparés des plus
(r) Cochl. Tlifi. Hujfit. Liv. 7. Aeneas Sylvius Hifl. Tììhem. cip. 52. Bdb. Epih?. 477. Theob. Btli. HuJfìt. Czechor Pog. 601. (2) Aeneas Sylvius cap. 52.
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