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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. X. Z,9

iseut nul besoin du Pape pour faire ces loix, attendu que de droit, tout Mo- ^ d . AI ;narque est & doit être le maître de nommer aux bénéfices qui font dans ses lemagne,Etats, & que des taxes fort mal à propos payées à la cour de Rome, n’ajou- i;ir.tent rien à la canonicité d’une élection ou d’une nomination à un bénéfice —•*—*»quel qu’il soit, & ne fervent qu’à exporter irrévocablement un numéraire quisort de l’Etat pour ne plus y rentrer & qui va s’abîmer h Rome, qui n’a au-cune forte de tître qui l’autorise à lever des impôts chez les Puiflànces étran-gères. II a été des tems où l’on étoit assez imbécile pour croire que ces sub-sides étoient ordonnés par la Religion, que l’on confondoit, on ne peut pasplus mal h propos,avec l’avidité des Ministres de la Religion; on a pensé dif-féremment depuis, & s’il existe encore quelque Gouvernement en Europequi fe laisse ainsi présurer par la chambre Apostolique, il faut espérer quecet abus ne subsistera pas longtems. On s’éclaire maintenant, & l’on fait quele numéraire d’un Etat appartient ou au Prince ou à ses sujets, & point datout à l’Evêque de Rome & à ses suppôts.

Tandis que l’Empereur Frideric III s’occupoit très-pieufement de décrets,de conciles, de réforme, ou à décider quels prêtres avoient été le mieux in-spirés, de ceux qui avoient élu Félix V, ou de ceux qui avoient donné leursvoix à Nicolas V: il fongeoit fort peu aux affaires de TEmpire, & beau-coup moins aux intérêts du Prince Ladislas son pupille. L’entrée du CardinalCarvajal dans Prague où Nicolas V l’avoit envoyé, fut la cause ou le pré-texte de nouveaux troubles, qu’il n’eut tenu qu’à ce légat de pacifier. Po-diebrad & Maifonneuve soumirent leurs différens à une assemblée qui se tint àPrague. Podiebrad sous prétexte de vouloir rétablir la tranquilité, persuadaà la bourgeoisie de Prague que Maifonneuve devoit faire entrer des troupesAllemandes, pour la forcer à se soumettre au joug que le Pape & l’Empe-reur vouloient lui imposer. II gagna les habitans, qui s'introduisirent dans Pra-gue pendant la nuit, avec un élite de troupes. Maifonneuve fut arrêté, &livré à son ennemi, qui l’envoya dans une de ses forteresses fur l’Ëlbe, oa ilmourut peu de jours après. Podiebrad resta maître du Royaume. Rockisinefut rétabli dans son Archevêché de Prague, & tout fut assez tranquille, jus-ques à ce que les Huflìtes & les Calixrins réunis chalserent les Catholiques dePrague. Ceux - ci se rejoignirent aux enfans de Maifonneuve pour venger famort : mais cette guerre fut terminée prelqu’aussitôc que projettée. II eut dé-pendu de l’Empereur, après la mort de Ladislas Roi de Pologne & usurpa- P auxHm-teur de la couronne de Hongrie, de faire monter son pupille sur le trône de grois deHongrie; le fils d’Albert II y eut été reçu avec acclamations, on se fut ern- venger lapressé de le reconnoîcre ; mais à l’exemple de Frideric, les Hongrois, té- Ì dímoignoient aussi fur ce point assez d’indifférence, il est vrai qu’ils n’avoûnt Jpoint disposé du sceptre, & que tout entiers au ressentiment que leur avoiîntcausé les atrocités d’Amurath, qui n’avoit fait néanmoins que punir la perfi-die de Ladislas, ils désiroient avec ardeur de rétablir la gloire de leurs armes,y étant fortement excités par le brave & célébré Hunniade, qui longtems cap-tif du Sultan venoit de payer se rançon, & brùloit de se signaler par de no-velles hostilités; animés par le désir de la vengeance & par les conseils d’LLin-niade, les Hongrois leverent une armée de 22 mille hommes & marcheientà la rencontre d’Amurath qui suivi de 140 mille Ottomans étoit sor les fnn*

Tome XL. T t