D’A L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. X. ^9
triche par lequel il avoir été convenu qu’au défaut d’enfans mâles de l’une Hist. d>Aï.des deux maisons, l’autre lui succederoit. Cette convention en effet paroisibic le ™gne,très-favorable à Albert & à Sigismond, mais il y avoit en Bohême un hom- 1440-1 5 1 9 .me puissant qui aspirant secrètement à la puissance Royale s’étoit fait un parti Prétendonsnombreux. Podiebrad , homme ambitieux, rusé, que Rokyfane aimoit à u am-beaucoup & qu’il avoit fait nómrner Gouverneur duRoyaume, fit si bien valoir de Ba-ies services qu’il disoit avoir rendus à l’Etat dans le poste qu’il avoit occupé, ^ , e n ^ a / >a ‘& il fut secondé avec tant de zele parles Seigneurs qu’il s’étoit attachés qu’il remporté,l’emporta fur les Ducs d’Autriche, & que malgré les oppositions de l’Empe-reur Frideric, il fut unanimément élu Roi de Bohême. On fait volontiersles plus grands sacrifices pour parvenir au trône: Podiebrad qui brûloir dudésir de régner, avoit jufqu’alors dissimulé fes fentimens, & quoiqu’Huflîtetrès-zélé, il avoit paru sincèrement attaché aux dogmes de la cour de Rome.
La crainte de fe faire des ennemis l’engagea à dissimuler encore, & lors doson avenement à la couronne de Boheme, se croyant intéressé à ménager leS. Siégé, il déclara solemnellement qu’il ne reconnoissoit d’autre foi que cellede l’Eglise, & qu’en Catholique docile il se soumettoit enderement à l’autori-lé spirituelle du Souverain Pontife (i).
Le Souverain Pontife dont le Roi Podiebrad juroit d’adopter la doctrine, Mort deétoit Calixte III ; il avoit succédé à Nicolas V, mais ne survécut que peu de tems ^ lixtel l 1 ‘h son élévation: à peine eut-il passé des honneurs du Pontificat dans la nuitdu tombeau, que l’Empereur Frideric III se donna les plus grands mouve- succédé £?mens en faveur d’ffïneas Sylvius son ministre, son confident & son ami. Ces P re,ìd Iedémarches ne furent point infructueuses. ./Eneas Sylvius Piccolomini réunitles suffrages, & sous le nom de Pie II, il prit possession de la chaire Pontifi-cale : il méritoit d’autant plus ce succès qu’il ne devoir qu’à lui même, h sestalens, à son génie, son élévation; & nullement h ses ayeux, quoi-que d’une famille honnête de Sienne. II s’étoit elevé seul aux emplois lesplus distingués, & s’étoit déjà rendu célébré par ses talens, son habileté dansles négociations, quand il fut jugé digne d’occuper le S. Siégé. Le pre-mier soin de Pie II fut de convoquer à Mantoue une aslèmblée générale à la-quelle il invita les Princes de la Chrétienté. Pie II prouva combien ils étoienttous intéressés à sc réunir contre Mahomet dont la dévorante ambition ne seproposoit rien moins que d’envahir les Etats de l’Empire, & d.’usurper lesSceptres de l’Europe Chrétienne : on ne pòuvoit se dissimuler en effet quec’étoit à l’exécution de ce vaste dessein que tendoient les entreprises du SultanMahomet; on ne pouvoitnon plus se dissimuler que le moyen que les Prin-ces Chrétiens eussent d’arrêter ce rapide conquérant, étoit de fe liguer entre-eux & de se réunir tous contre ce rapide conquérant. Ils avoient le plus pres-sant intérêt à applanir tous les obstacles qui eussent pu retarder les effets oudissoudre les nœuds de cette confédération, mais ils ne voyoient les dangersdont ce guerrier insatiable menaçoit les Rois de l’Europe que cans l’éloigne-ment, ils étoient divisés par divers intérêts, & cette mésintelligence étoit pous-sée si loin, que leurs Envoyés s'étant tous rendus à Mantoue, il s’éîeva entreeux d’interminables contestations fur la préséance, chaque Envoyé prétendant
sa) Dubrav. Làb. 30. Cocbler. Hist. Hujstt. Adam , 7458.
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