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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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DA L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. X. ^9

triche par lequel il avoir été convenu quau défaut denfans mâles de lune Hist. d>.des deux maisons, lautre lui succederoit. Cette convention en effet paroisibic legne,très-favorable à Albert & à Sigismond, mais il y avoit en Bohême un hom- 1440-1 5 1 9 .me puissant qui aspirant secrètement à la puissance Royale sétoit fait un parti Prétendonsnombreux. Podiebrad , homme ambitieux, rusé, que Rokyfane aimoit à u am-beaucoup & quil avoit fait nómrner Gouverneur duRoyaume, fit si bien valoir de Ba-ies services quil disoit avoir rendus à lEtat dans le poste quil avoit occupé, ^ , e n ^ a / >a& il fut secondé avec tant de zele parles Seigneurs quil sétoit attachés quil remporté,lemporta fur les Ducs dAutriche, & que malgré les oppositions de lEmpe-reur Frideric, il fut unanimément élu Roi de Bohême. On fait volontiersles plus grands sacrifices pour parvenir au trône: Podiebrad qui brûloir dudésir de régner, avoit jufqualors dissimulé fes fentimens, & quoiquHuflîtetrès-zélé, il avoit paru sincèrement attaché aux dogmes de la cour de Rome.

La crainte de fe faire des ennemis lengagea à dissimuler encore, & lors doson avenement à la couronne de Boheme, se croyant intéressé à ménager leS. Siégé, il déclara solemnellement quil ne reconnoissoit dautre foi que cellede lEglise, & quen Catholique docile il se soumettoit enderement à lautori- spirituelle du Souverain Pontife (i).

Le Souverain Pontife dont le Roi Podiebrad juroit dadopter la doctrine, Mort deétoit Calixte III ; il avoit succédé à Nicolas V, mais ne survécut que peu de tems ^ lixtel l 1h son élévation: à peine eut-il passé des honneurs du Pontificat dans la nuitdu tombeau, que lEmpereur Frideric III se donna les plus grands mouve- succédé £?mens en faveur dffïneas Sylvius son ministre, son confident & son ami. Ces P re,ìd Iedémarches ne furent point infructueuses. ./Eneas Sylvius Piccolomini réunitles suffrages, & sous le nom de Pie II, il prit possession de la chaire Pontifi-cale : il méritoit dautant plus ce succès quil ne devoir quà lui même, h sestalens, à son génie, son élévation; & nullement h ses ayeux, quoi-que dune famille honnête de Sienne. II sétoit elevé seul aux emplois lesplus distingués, & sétoit déjà rendu célébré par ses talens, son habileté dansles négociations, quand il fut jugé digne doccuper le S. Siégé. Le pre-mier soin de Pie II fut de convoquer à Mantoue une aslèmblée générale à la-quelle il invita les Princes de la Chrétienté. Pie II prouva combien ils étoienttous intéressés à sc réunir contre Mahomet dont la dévorante ambition ne seproposoit rien moins que denvahir les Etats de lEmpire, & d.usurper lesSceptres de lEurope Chrétienne : on ne pòuvoit se dissimuler en effet quecétoit à lexécution de ce vaste dessein que tendoient les entreprises du SultanMahomet; on ne pouvoitnon plus se dissimuler que le moyen que les Prin-ces Chrétiens eussent darrêter ce rapide conquérant, étoit de fe liguer entre-eux & de se réunir tous contre ce rapide conquérant. Ils avoient le plus pres-sant intérêt à applanir tous les obstacles qui eussent pu retarder les effets oudissoudre les nœuds de cette confédération, mais ils ne voyoient les dangersdont ce guerrier insatiable menaçoit les Rois de lEurope que cans léloigne-ment, ils étoient divisés par divers intérêts, & cette mésintelligence étoit pous-sée si loin, que leurs Envoyés s'étant tous rendus à Mantoue, il séîeva entreeux dinterminables contestations fur la préséance, chaque Envoyé prétendant

sa) Dubrav. Làb. 30. Cocbler. Hist. Hujstt. Adam , 7458.

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