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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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Sect. X.Hiíì. d'Al-lemagne ,1440-1519-

Croisade pro-|osée par PieU, son pro-jet n’estpoint accep-té.

1460

Etat de laJdongrie ifjde là Bohè-me.

H60.

1465.

340 HISTOIRE DE L’EHPI'RB

l'avoir, à l’exclusion des autres ; & ces disputes s’aigrirent, s’enffimmerentpendant huit mois que dura rassemblée, quelque voye d’accomodement queproposât l’esprit conciliateur du Pape Pie II, pour les terminer (1).

Le projet dVEneas Sylvius étoit très - généreux fans doute; mais il étoitimpraticable; la plûpart des Rois & des Princes de i'Europe étoient armésles uns contre les autres, & leur méfiance, leur jalousie,leur haine mutuellene leur permettoient guères de se liguer de bonne foi, & d’employer leursforces contre leur ennemi commun. Attaquée par des voisins inquiets & en-treprenans, la France avoir eíîbntielîement besoin de ses troupes pour se dé-fendre: le Portugal étoit dans la même situation: la discorde agitoic l’Alle-magne. Louis de Bavière,Landshut, étoit armé contre Albert de Brande-bourg qui commettoit les plus violentes hostilités, étant soutenu par l'Empe-pereur Frideric III, qui trop indolent pour prendre soin des affaires de l'Etn-pire lui en avoir confié les rênes: Albert aussi turbulent qu’il étoit ambitieuxabusoit de sa puiílànce & ravageoit les Etats de Louis de Bavière. Dociièaux conseils de son ami le crédule Frideric rastèmbîoit ses troupes, réso-lu d’accabler l'ennemi qui bravoit également Albert de Brandebourg & leChef de l’Empire. Les nouveaux Rois de Hongrie & de Bohême avoientmis dans leurs intérêts les Electeurs & ne craignoient ni les menaces niles réclamations de Frideric qui ne les voyoit qu’avec douleur s’affermirfur leurs trônes: & c’étoit dans ce tems néanmoins que le Pape Pie II,se flattoit de réunir les Princes de {'Empire, & les Rois de I’EuropeChrétienne contre les Ottomans; ce projet quoique très - sage étoit conçuon ne peut pas plus mal b propos (2). Cen’étoitpastout,maisilseformoituneligue contre {'Empereur lui-même. Albert IV, & Sigismond I, Princed’Autriche l’un frere & l’autre cousin germain de Frideric; les Ducsde Bavière, PEiecteur de Mayence, & le Comte Palatin du Rhin, s’adrefìè-rent à Podiebrad irrité des oppositions que ce Prince faisoic à son établisse-ment sur le trône de Bohême, & voulurent lui offrir la couronne de {'Empire.L’Empereur se hâta d’appaiser Podiebrad, & il résolut de se venger des Prin-ces confédérés. Maître de la balle Autriche, il ordonna aux Seigneurs àqui Laditlas avoit donné des fiefs de les rendre moyennant une somme modique..Conrad de Fronauer engagea Albert & Sigismond à protéger h noblesse 1 .On leva des troupes, Frideric s’avance jusqu’à Ens & en fait le siégé; maisla garnison & les bourgeois se défendirent si bien, qu’Albert & Sigismondayant eu le tems de venir au secours, {'Empereur leva le siégé, eut dans íàretraite son arriéré - garde taillée en pièces, & fut contraint b faire la paix.

Podiebrad, dans les premiers jours de son régné fut î’amcur de sessujets: mais ces jours s’écoulerent vîte : fatigué de fe contraindre &comptant trop fur la docilité des Bohémiens , il se persuada qu’ilsne feroient nulle difficulté d’adopter fes opinions, & d'après cette faus-se idée il embrasià ouvertement le Huffitisme. Le Peuple murmura,,les Grards fe plaignirent hautement de cette innovation; les plus hardiscabalerer.r. Des factions dangereuses fe formèrent & furent approuvéespar les Catholiques, assurés d’avoir pour eux le Pape & le Clergé ; ensof*--

(1) Piutina. Militer. Cap. 24, Part. 3,

(2) Spond, Chrome*