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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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Sect. XI.Hift. d’Al-lemagne,r5iS-i558.

DiftEHon áe

l’EleQcur

Palatin,

*527-

Schwenk-

feld piéài -oiteur Ana-baptiste.

39S HISTOIRE DE L'E M P I R E

vingt mille écus d’or, à remettre leurs armes entre les mains des Magistrats& h ne s’en servir qu’avec leur permission.

Ce succès, peu flatteur cependant pour une ame généreuse, enflamma lecourage de l’Electeur Palatin, il prit le commandement de l’armée, mais ilfut aller prudent pour se laisser guider par les conseils de Truchses: les re-belles fuyoient de poste en poste, perdant chaque jour quelques canons,quelques bagages, quelques soldats; ainsi leur armée se ruinoit en détail:enfin ils trouvèrent un poste qu’ils crurent inaccessible; il l'étoit en effet,& Truchses, au lieu de les attaquer, dirigea h marche de l’armée vers leterritoire de Mayence. Huit mille hommes s’étoient détachés du corps desrebelles &avoient investi Kònigshofen. La noblesse renfermée dans la place n’ac-tendoit plus que la mort; Truchses parut, le siégé fut levé: les rebelles feretranchèrent dans un bois : on tenta en vain de les y forcer, mais ce que n’a-voient pu le génie de Truchses & la bravoure des soldats, la faim ne tardapas h le faire : les rebelles demanderent la vie, & ne l’obtinrent pas ; six ousept mille de ces misérables furent égorgés.

Le Baron de Warpurg eouroit de victoires en victoires; il apprit que lesfactieux, maîtres de la ville de Wurtzbourg,assiégeoient la citadelle qui étoitdemeurée fidelle h son Evêque ; il y court, & les met en fuite, une partiepérit dans les champs qui furent jonchés de cadavres; le reste se jeta dansdes villages qui furent la proie des flammes, ainsi que leurs habitans & lesmalheureux qui leur avoient demandé un asile.

Soit qu’un pareil spectacle renouvelìé chaque jour blessât les yeux de l’E-lecteur, soit qu’il fut jaloux des succès de Truchses, & qu’il fut las de n’êtredans son armée qu’un soldat décoré; il rentra dans ses états, & amena unepartie des troupes avec lui: cette défection alloit livrer Truchses presque sansdéfense à la vengeance des séditieux, lorsqu’on vit accourir le Colonel Georgevon Fronsberg h la tête de son régiment. Cet officier étoit consommé dansl’art de la guerre; il s’étoit signalé a la bataille de Pavie: la tranquillité duTirol étoit son ouvrage ; c’étoit moins un ami qu’un rival pour le Baron deWalpurg; mais il n’avoit pas le choix: Fronsberg au courage d’un soldatunissoit l’humanité d’un philosophe: la guerre ne lui sembloic juste que lorl-qu’elle étoit inévitable ; Tailleurs une victoire remportée sur des paysans luiscmbloit peu digne de lui : il prit donc le parti de négocier, & se servit d’unvieux soldat qui avoit porté les armes sous ses drapeaux, & qui alors lesportoit sous ceux de la révolte: le nouveau négociateur réussit; l’armée con-fédérée se sépara, & tous les factieux s’en retournèrent dans leur patrie, fansêtre poursuivis ; ils cédèrent au moment où ils avoient la supériorité dunombre & de la situation; il est: donc probable, qu’ils auroient cédé de mê-me, lorsqu’ils étoient les plus foi blés, si on leur avoit proposé des conditionssupportables; mais le fanatisme fe mêloit au soin de la défense commune; &le fanatisme veut du sang, & ne connoît point de traités.

Storch venoit de terminer fa carrière ; mais ce Patriarche des Anabaptistesîaiílbit après lui des disciples capables de le remplacer: le plus enthousiasted’entre eux étoit Schwenkfeld, gentilhomme Silésien qui renonça à la gloiredas armes, pour celle de prêcher, & d’habile officier devint Orateur médio-cre. II avoir disputé avec Luther, qui lui avoit répondu par des railleries.