D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XI. 4 i S
la confession d’Augsbourg, qu’il ne convînt point,Tans leur consentement, du jmlieu où fe tiendroit le Concile, qu’il y défendrait la confession d’Augsbourg kmagne, "de touc son pouvoir, que si le Pape parvenoit à assigner le lieu qui lui pi ai- 1519 155 5.roic, Henri protesterait avec eux contre les délibérations de cette assemblée, ~qu’ii prendrait le titre de Protecteur de la ligue, qu’il romprait toute corres-pondance servile avec la cour de «.orne, qu’il ne domuroîc aucun secours àleurs ennemis, qu’il fournirait cent-mille écus pour les besoins de la L'gue,
& deux cens-mille, si la guerre durait longtems. Ces propositions n’é-toient pas toutes du goût du Roi d’Angleterre, quelques articles de la con-fession d’Augsbourg lui déplaisaient; il vouloit qu’on se rapprochât de sesidées & que des docteurs commençassent le Traité avant que des Ambassadeursvinssent le conclure. Ainsi la négociation traîna en longueur.
Une autre affaire non moins importante scmbloit devoir être plutôt déci- Différai
dée, puisqu’elle donnoic aux Princes Protestans un prétexte pour agir contre smet’Em.l’Empereur. Ce Monarque retenoit le Duché de Milan & en refusoit l’in-vesticure aux enfans de François I ; le Roi de France s’adreíìi aux Fonces France
comme Juges nés des différons qui pouvoient s’élever entre FEmpemur & sujet de r in-les feudataires de FEmpire, A il leur envoya Langei: Charles n’ignoranc v jfHture dapas le sujet de sa mission , chargea quelques personnes affidées d’arrêter ce dinégociateur, de le tuer même si elles pouvoient. Cet ordre ne fut pointexécuté; mais il ne ternit pas moins la gloire de celui qui l'avoir donné: lescalomnies que cet Empereur avoir semées dans l’Empire contre François I,étoient encore des amies perfides, qu’on n’excuse pas même dans les mainsdu faible, & qui font plus odieuses encore dans celles d’un Monarque, à quifa puiíìance offre mille moyens de sc venger. Langei dissipa dans un manifestetoutes les impressions défavorables que les lettres de Charles-quint a voient ré-pandues contre François I; il mprésentoit qu’il ne falloir pas regarder sonmaître comme ennemi del’Empue, parce qu’il étoit ennemi de l’Émpereur,que la plupart des différens que François I, avoir eus avec Charles, étoient oc- François 1,casionnés parles étais héréditaires de ce Prince; que les guerres qui pourraient s'adrejjes’alìumer encore n’empêcheroitnt pas le Roi de France d’observer religieuse-ment les traités particuliers qui íubsistoient entre lui & plusieurs Princes deFEmpire, qu’enfin en les prenant pour juges entre Charles & lui au sujet duDuché de Milan, íl témoignoi taisez de quels sentimens il étoit pénétré pour eux.
Le succès de cet écrit fat plus heureux que Langei lui - même ne l’avoic espé-ré; plusieurs Princes permirent à François I, de lever dans leurs états des trou-pes qu’on à connues longtems en France fous le nom de Lansquenets (1).
Pendant ces négociations les Anabaptistes bloqués dans Munster fiers de"abondance qui y régnoit, sembloient ne pas s’appercevoir que leurs mursétoient investis, & si l’on en excepte la liberté de sertir dont ils étoient pri-vés, tout s’y passoit comme pendant la paix la plus profonde. CependantJean de Leìde qui promettoit à ses croyans des secours miraculeux & inépui-sables, se défioit lui même du succès de ses prophéties ; il scntoit la nécessi-te de fr.ire lever le blocus avant que les provisions fusiènt épuisées ; il fitpartir Gerin , vieux soldat aíièz éloquent, homme adroit, qui trompa les
aux PrincesAil t mans ,comme fti-ges navu-rtis de cetlSquerelle.
(i) Slcidan, L. 1Z,