D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Se ct. XII. 487
les fiefs, qui en avoienc été enlevés ; qu’il ne prendroit aucunes mesu- mst, ^1.res pour rendre la Couronne Impériale héréditaire dans íà famille; que le lemagne,Conseil Aulique feroit soumis aux mêmes réglemens que la Chambre Im- 1558-1648.périale ; qu’ensin, s’il arrivoit à l’avenir , qu’un Empereur, prié par lesElecteurs de consentir à sélection d’un Roi des Romains, s’y opposite,fans alléguer aucune raison solide de son refus , ils auroient la liberté depasser outre. Les Electeurs s’attendoient à éprouver les plus grandes diffi-cultés pour faire agréer ces articles h l’Empereur; ils éprouvèrent autantde joie que de surprise en le voyant signer la Capitulation, sans donner lamoindre marque de mécontentement: Mathias íe souvint alors, fans dou-te, qu’une pareille complaisance pour la Diete de Presbourg lui avoit valule trône de Hongrie. Les Ainbafiadeurs de Bohême demanderent à êtreadmis aux délibérations touchant la rédaction des articles de la Capitula-tion-, 4 c’étoitla premiere foisqu’ils faisoient cette demande: elle fut rejettéed’une voix unanime , & ce n’est qu’au commencement de ce íìecle que lesRois Electeurs de Bohême, ont obtenu de n’étre privés d’aucune des préro-gatives des membres du College Electoral.
L’Impératrice Anne d’Autriche fut couronnée , par l'Archevêque de Couronne.Mayence, deux jours après le Sacre de son époux: l’Abbé de Fulde rem- ment deplit en cette occasion les fonctions de fa charge d’Archi-Chancelier des l’{ m pé rí >-Impératrices. L’Empereur se préparoit à quitter le séjour de Francfort, u>ce ‘lorsqu'il reçut les plaintes du Sénat de Cologne, au sujet d’une nouvelleville qui venoit de s'élever tout-à-coup au sein^ de l'Allemagne. Les Lu- Plaintes duthériens, las de la persécution rigoureuse , qu’ils éprouvoient de la part Sénat dedu Sénat, avoient formé le dessein de transporter leur commerce & leurs Col °S ne 'fortunes à Mulheim , village aux environs de Cologne , entre Rhein-dorf & Sundorf: les Princes de Brandebourg & de Neubourg, possesseursdes Duchés de Juliers & de Cleves, appuyèrent ce nouvel établisièment detout leur crédit, & en firent agréer le plan aux Etats assemblés h Duis-bourg: à peine l’édit qui érigeoit Mulheim en ville fut il publié , qu’onvit des milliers de Luthériens s’atteler à l’ouvrage ; l’eípoir de n’être plustroublés dans l’exercice de leur Religion, accroît leurs forces & redouble £„ p^en-leur activité ; les uns creusent un large canal, capable de recevoir les plus ce de Ca-sons batteaux ; les autres bâtissent un temple & des habitations pour la nou- l °g ne ni-velle colonie : on volt s’élever de tous côtés des bastions & des contrescar-pes fur lesquels tonne déja le canon , qui a été souvent la derniere raison T eur,quedes Théologiens, ainsi que des Rois. En peu de mois un village indigent les nouvel -est transformé en une cité floriíïànte, & ce qui avoit détruit tant de villes les fonifi-de fond en comble, eut enfin la gloire d’en avoir créé une : la Régencede Cologne allarmée à juste titre , adrefià ses plaintes au Chef de l’Empi- ^ ìm j oie ' ntre: Mathias défendit aux Luthériens d’élever de nouveaux édifices, & or- démolies.donna aux Princes de Neubourg & de Brandebourg de faire suspendre lestravaux, & de faire démolir les fortifications de Mulheim ; après quel-ques difficultés ces Princes reçurent cet ordre, quoiqu’ils ne laisièrent paspour cela d’encourager fous main la continuation des travaux. (1)
(O Schadsus Cm. Sleid, P. 4. L. 1. Merc. Gall. Eelg. T. 7.