49 2 HISTOIRE DE L'E m p I r e
Sect. Xll. & petit-fils de r Empereur Ferdinand I. Ce Prince, par h haine qu’Htìifl. d’Al- avoit jurée aux Protestants, par son talent pour dissimuler ses véritablesms8^m 8 le n c i m e n s, en couvrant ses projets d’ambition & de vengeance, du voile
Lj_ ‘ 4 de la modération & de famine, en lin par ses maximes fur la religion des
í'ermens,montroit déjà qu’il étoit du même sang que Charles V: ces quali-tés, qu’on a malheureusement cru longtemps nécessaires aux grands Rois,avoient mérité à Ferdinand de la part du Roi d’Espagne , des senti me n sd’estìme que les Rois ne devroient accorder qu’à la vertu. Mathias présen-ta l’Archiduc aux Etats de Bohême, il leur dit (1), que se trouvant sansensans il avoit cru devoir adopter l'Archiduc Ferdinand pour son fils &qu’il ne croyoit pas pouvoir mieux reconnoître le zele qu’ils lui avoienttoujours témoigné, qu’en les exhortant à le couronner, & à lui assurer lasuccession éventuelle de Bohême: les Catholiques répondirent à ce discoursMathias par des cris de joie ; mais les Protestants exigerent que P Archiduc confit-fait couron . mât les privilèges qui leur avoient été accordés par Rodolphe II en 1609:nsr nouveau Roi jura aux pieds des autels & à la face de la nation, de nr
tyind Roi de j ama ’ s les,troubler dans le libre exercice de leur religion; quand au sortirBohême. de cette cérémonie sainte, & tandis que les Protestants font retentir Pair decris de Vive Ferdinand , le protecteur , le reflaurateur de ms privilèges,ce Prince se renferme dans son oratoire, & là, prosterné aux pieds d’unJésuite, révoque le serment solemnel qu’il vient de faire, & jure à cesmêmes Protestants une haine implacable. 11 fut couronné le 29 Juin del’année 1617.
Une funeste expérience apprit bientôt aux Protestants le peu- de confian-ce qu’ils dévoient avoir aux promesses de leur nouveau Souverain ; ilsavoient (2) bâti deux temples fur les terres de l’Archevcque de Prague& de l’Abbé de Brunau; les Catholiques les firent détruire & la.cour de1618. Vienne approuva leur conduite: les Protestants furent consternés, mais leurabattement sc tournant tout - à-coup enrage, ils s’assemblent dans la pla-ce publique de Prague & jurent de mourir plutôt que de souffrir qu’onRévolte des porte la moindre atteinte à leurs privilèges. Le Comte de Thurn ou de laj r °$w ntS Tour se met à leur tête; ils se rendent au château, pénétrent dans la sallee 0 .me. j e Conseil étoit assemblé (3), & dans les premiers mouvements de leurfureur irritée par la réponse hautaine de deux de ses membres, ils les préci-pitent par les fenêtres: c’étoient les Barons de Slabata & de Mardnitz;Fabricius, Secrétaire du Conseil eut le même forer la chute ne fut cepen-dant funeste à aucun, & Fabricius, dont un pareil fautn’avoit point décon-certé la gravité , conserva assez de sang froid pour faire des excuses auBaron de Slabata, fur lequel il étoit tombé. Après une telle action il n’é-Le s révoltés toit plus possible de reculer: les révoltés s’assurent du château & des sor-s’emparent tereslès de Prague, reçoivent te serment de la garnison, nomment trentede Prague, directeurs pour administrer les affaires du Royaume , & bannissent de la vil-le les Jésuites, & tousses citoyens soupçonnés Rattachement pour l’Em-pereur. Telle fut l'origine de cette guerre désastreuse, qui déchira l’Em-
S Khevenhuller T. 8. p. 375. Mercur. Gallo - Selgic. T. 7. p. 885.
Masenius Ann. Trevir. L. 23. p. 460. (z) Ravins Per. 10. &£. 2 -
p. 1052. p.ipus Egitomt nr, Gsm ; p« S.