D’A L L E M A G N E, Liv. XXV. Sec t. XII. 4-z
pire pendant trente ans: des millions d’hommes périrent, parce qu’un moi- Ilift. d’Al-ne avoir persuadé à un Prince superstitieux que c’étoit une action méritoire lemagne,sux yeux de Dieu de violer ses serments. 1553-164
Ferdinand, élevé dans les principes de la politique Espagnole, eut vou-lu qu’on envoyât une armée contre les rebelles; mais le Cardinal Klésel,
Evêque de Vienne & premier-Ministre de l’Empereur, à qui une longueexpérience avoir appris à se défier des événements & à ne pas risquer lefort d’un Etat, pour satisfaire un mouvement de vengeance, coníêilla àMathìas de réemployer la force qu’à la derniere extrémité. Une haine se-crette diviíòit le premier-Ministre & Ferdinand. Klésel s’étoit opposé audessein que l’Empereur avoir formé de lui céder la Bohême lans aucune re-striction: il savoir engagé à ne renoncer (1) qu’au titre de Roi & à s’en ré-server toute l’autorité. Les mêmes précautions furent observées par Mathìas,lorfqu’il fit couronner Ferdinand Roi de Hongrie à Presbourg, le x Juil- VArchJusle t 1618. Dès lors Ferdinand se livra tout entier à son reíièmiment: ileut été difficile d’engager Mathìas à éloigner son Ministre; l’Archiduc eut jìoideHon-recours à des moyens plus courts pour assouvir fa vengeance: il fit arrêter grie.le Cardinal, au milieu de Vienne, & le fit conduire i'ecrettement dans une L . e £ ar s tl f mforteresse du Tirol, où il resta jusqu’en 1623. L’Empereur fut frappé ^ tnl ff éd’étonnement à la nouvelle de soulèvement de son Ministre; & le chagrin parordrsiifqu’il en conçut, joint aux nouvelles qu’il recevoit de Bohême, le firent Ferdinand.tomber dans une langueur fccrette, qui le conduiíit au tombeau.
Les Protestants, commandés parle Comte de la Tour, s’étoient empa-rés de Krumlaw & bloquoient Budweiss: ce n’étoit plus une confédérationde quelques rebelles rassemblés à la hâte, c’étoit une ligue composée depresque tous les Etats Protestants de l’Allemagne; les Etats de Brunswick,de Hollande, de Silésie & de la haute Autriche s’étoient déclarés en fa-veur des mécontens. Les Généraux que l’Empereur envoya contre euxfurent repoussés, & les Bohémiens porteront le ravage jusqu’aux fauxbourgsde Vienne.
Telle étoit la triste situation de l’Enipereur, lorfqu’il mourut h Vienne le 1619.ïo Mars i6iy. Ce Prince démentit les grandes espérances qu’il avoir don- Mon" dtnées avant de parvenir à l’Empire; il fut bon citoyen, bon ami, bon gé-néral, mais trop foible Empereur; il fut révéré des étrangers, mais il neíçut point se faire respecter de ses sujets & de fa famille : shumeur altierede Ferdinand lui causa les mêmes chagrins, que lui-même avoir autrefoisfait éprouver à Rodolphe If. II difoit en mourant à l’Archiduc : faitesgoûter à vos sujets le bonheur de votre gouvernement & tâchez de leur ren-dre votre domination insensible. L’Impératrice savoir précédé dans la tom-be: elle étoit morte le 14 Décembre de l’année précédente (a). Ma- Feriinmithias n’eut point d’enfans de cette Princesse, & ne laissa qu’un ixís naturel, fait fairenommé Mathias d’Autriche. auxrebel es
La mort de Mathias redoubla l’arrogance des mécontens ; ce fut envainque Ferdinand leur fit offrir de confirmer tous les privilèges (3) qui leuravoient été accordés par les Rois ses prédécesseurs; ils ne répondirent aux font rejet-
(1) Struvius Fer. IO. SsU. 8. p. 2054. Kbevenhuller T. 9. p. 21.
(j) Struvius Per. 10. 6’cS. 8. p. 2255. ■ (3) Khevenbulier T. S-
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