D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec t. XII.
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liance avecBetlem
Les confè-
bourg & de Saxe l’y exhortoient; la Princesse sa mere l’en conjuroit: mais Hif.d'AKl’Electrice Elisabeth d’Angleterre, le Maréchal de Bouillon & le fameux lerrwgne ,Abraham Scultetus, sçurenc fasciner les yeux de Frédéric, & lui dérober 1558-164!).la profondeur de l’abîme où il alloit fe précipiter. Le Prince donna uneaudience publique aux députés,& reçue leur hommage; on remarqua qu’en Palatin oc-íignant le Diplôme de son élection il ne put retenir ses larmes; présage cepte licou-sinistre des malheurs q.ui dévoient suivre cette démarche imprudente. L’E- r ° nn ? c °' :trtlecteur fut couronné h Prague (1) le 4 Novembre, par P Administrateur iV/ín-des llulntes, au défaut de l'Archevêque, qui s’étoit retiré à Budweifs au gieterre,commencement des troubles. Le nouveau Roi fe hâta de faire alliance avec Jon beau -le Waivode Betlem Gabor, qui, maître de Presbourg & de presque toute P ere ‘la haute Hongrie, avoit reçu l’hommage d’une partie de la noblesse de cet- Le nouveaute contrée. Bientôt on vit entrer dans l’Autriche le Waivode à la tête Roi fait ai*.d’une armée de Transilvains & de Bohémiens: on portoit devant lui unétendard, fur lequel on voyoit deux chevaliers qui se donnoient la main ; cabôr"au dessous on lifoit cette devise: Confederatio & Concordiez. Le Comtede la Tour commandoit les Evangéliques : le Comte de Bucquoy avoit lecommandement de l’armée Impériale; il avoit fait élever à une lieue dupont de Vienne des retranchements, dont l’étendue & la hauteur rassuraient itérés fontles habitants de la capitale; en effet, quoiqu’attaqués avec beaucoup d’ar- une tentuti'deur, ils furent défendus avec tant de fermeté, que la Tour donna le signalde la retraite. Le Waivode Gabor reprit la route de Hongrie & s’enferma obliges de fedans Presbourg, retirer.
Une révolution subite en Silésie y mit le gouvernement dans les mainsdes Evangéliques & brisa le joug Autrichien: tout étoit en combustiondans l’Allemagne; les Protestants s’aísemblérent à Nuremberg, les Catholi-ques à Wurtzbourg, & chaque parti prit des mesures pour accabler l'au-tre. Le Marquis de Brandebourg-Ànspach , Betlem Gabor, le Prince rS2o..d’Anhalc, & le Duc de Saxe - Weimar, secondoient l’Electeur Palatin, lesuns en lui envoyant des troupes, les autres en faisant faire des diversionsutiles à fa sûreté. Cependant ce Prince ne reçut aucun secours (2) del’Angleterre, dont il devoit le plus en attendre; Jacques I, son beau-pere,qui lui avoit conseillé de refuser la couronne de Bohême, ne l’aidoit pointà la conserver: ,, est-il juste, disoit ce Prince, que pour favoriser la fol-„ le ambition de mon gendre, je fasse la guerre à la maison d’Autriche qui„ ne m’a fait aucun mal ? " Les Princes Catholiques écrivirent à l'EIec- L'Emp^teur, pour l’engager, tandis qu’il en étoit temps encore, à abandonner une renr somme'entreprise qui serait nécessairement la cause de sa ruine, & des plus grands l’EieEteurmaux dans l’Empire: l’Empereur le somma de quitter & les armes & la de '
couronne : on répondit que cette couronne étoit élective, que les Etats de faonneBohême pouvoient seuls juger de la validité de sélection. En même temps qu'il avoitces Etats voulurent engager l’Electeur de Saxe à garder la neutralité ; mais usurpée.-le voyant résolu à se liguer avec Ferdinand, ils esssyerent de soulever lesSaxons contre lui: ils ne réussirent qu’à irriter ce Prince, & à lui inspirerdes projets de conquête ; en effet il fe rendit maître de plusieurs villes à
(O Londorp T. î. L. 4. c. 91. Khevenhuiier T. S. p. 627.
(2) Wilson Hisl, B rit.