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HISTOIRE DE L’E M P I R E
Sect. XII. che. Les Protestants asiemblés à Leipsig n’avoient point encore pris lesiíiji. d Ai- armes p 0ur seconder celles de Gustave; puisiants par leur union, puistàntsP ar ^ voisinage de l’armce Suédoise, ils déclarèrent à Ferdinand qu’ils ne.
--vouloient plus supporter les charges énormes dont il accabloit l’Empire,
Les Protes- n i ouvrir le passage fur leurs terres aux troupes Autrichiennes, qui les ra-
tants s'aj-(emhlent à‘Leipsig.
vageoient, & que s’il refusoit de les satisfaire, ils employeroienc la forcepour l’y contraindre: en même temps ils résolurent de lever quarante mil-le hommes, & d’établir un Conseil permanent , qui veilleroit à la sûretédes Etats Protestants. A ces préparatifs l’Empereur n’oppofoit encore quedes édits & des lettres comminatoires: déjà Gustave étoit maître de Franc-fort fur l’Oder, de Colberg, de Demmin, avant que Ferdinand sortît deLe Comte son orgueilleuse inertie & laiííat un libre cours à l’ardeur du Comte deiíe Tilíy ai* Tilly. Ce Général assiégea Magdebourg, espérant en faire le boulevard"iriue íavil à l'Empire & arrêter les progrès de farinée Suédoise; en effet il l’empor-iTde Alag- ta â’assaut; mais il la fit réduire en cendres, & de toute cette ville, il nedebourg. resta que les remparts, une église, & quelques cabanes de pêcheurs: lesElecteurs de Saxe & de Brandebourg tremblèrent au bruit de ce désastre,& différèrent de fe déclarer pour Gustave. Ce Prince marcha droit à Ber-lin, & força l’Electeur, k lui livrer Spandau pour sûreté du pastage deses troupes tant que la guerre dureroit. On vit bien alors qu’il falloit savoirou pour ami, ou pour ennemi; &, entre ces deux partis, il n’y avoìtpoint à balancer : le Landgrave de liesse fe hâta de réclamer son' appui ;Gustave s’engagea à lui faire restituer tous les fiefs que l’Empereur avoicenvahis dans lès états; il consentit k y recevoir les troupes Suédoises, & h{mettre son armée fous les ordres de Gustave (i)-
Les troupes Autrichiennes qui revenoient d’Italie avoient forcé les Prote-stants de Suabe & de Françonie à fe détacher de la Ligue de Leipsig: leComte de Tilly sic de vains efforts pour engager l’Electeur de Saxe k suivreL'Ek&eur l’exemple de cette défection: Jean Georges ne fe laissa point abuser par dede Saxe con- vaines promesses ; il trouvoit plus de réalité dans la protection de Gustave,r ÌVaïiiance & P^ us de danger k la refuser. 11 traita avec ce Prince , & lui remit leoffensive commandement des troupes ; il s’engagea k fournir des vivres à l’armée Sué-
defensive doife, tant qu’elle feroit occupée à la défense de son Electoral ; & k ne
avec la faire aucune paix particulière avec l’Empereur. Bientôt les armées seue f ‘ trouvèrent en présence sous les murs de Leipsig; Gustave qui avoit autantde prudence que de courage , ne vouloir point hazarder une action géné-rale avant d’avoir étudié le caractère , le génie des étrangers qu’il avoit fousses ordres ; mais l’Electeur qui vouloir lè délivrer des hôtes incommodesqu’il avoit fous ses ordres, dit qu’il iroit seul k l’ennemi , si l’on refusoit dele suivre: sattaque fut enfin résolue. Le Roi de Suede commandent l’aîledroite, il avoit derrière lui le célébré Bannier digne éleve d’un tel maître:le Colonel Teufel conduisoit le corps de bataille ; & l’aîle gauche étoitcommandée par le Maréchal de Horn & l’Electeur de Saxe. Dans l’arméeImpériale Tilly s’étoit placé au centre , le Comte de Furstemberg à ladroite, le Comte de Pappenheim à la gauche : elle étoit sortie de ses re-
(i) Puffendorf L. z.