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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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HISTOIRE DE L'EMPIRE

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Serr. XII. mée, & on lui donna un corps de troupes destiné feulement à couvrir lafíijì. dAi- p ra nconie & les Provinces voisines. (1)

Walstein quon avoit déposé avec tant dignominie, & qui, dans sonexil, sourioit peut-être à lhumiliation de la maison dAutriche, fut rap-pellé ; il rejetta quelque temps le commandement avec dédain, puis, sa-tisfait davoir rendu h lEmpereur outrage pour outrage, il accepta le rangquon lui restituoit. Ferdinand envoya des Ambassadeurs à Rome; ils ypeignirent de la maniéré la plus touchante les malheurs de lEmpire; &la ligue de la France , de la Hollande, de F Angleterre, de la Suede, &de lAllemagne elle même, contre lAllemagne : que la maison dAutriche,qui, dans tous les temps, avoit été lappui du Saint Siégé, étoit prête àêtre accablée par tant dennemis: ils demanderent quelques secours dhom-mes, ou du moins quelquargent pour subvenir aux besoins les plus pres-sens. Le Pape leur promit un jubilé , & des indulgences sens bornes ;ceít tout ce quils en obtinrent. Quoiqu abandonné par une Cour, quidevoir lui être inviolablement attachée, quoique trahi par des amis foiblesou perfides , Ferdinand eut la consolation de voir lElecteur de Mayence(2) & le Duc de Bavière lui demeurer fidelles, au milien de cette défec-tion générale. Tilly, en perdant son rang, sembloit avoir perdu son gé-nie ; il laissa Gustave entrer en Franconie presque sons résistance; il le vitdonner des loix dans Nuremberg, puis, côtoyant les frontières de la Sua-be, rétablir dans Donawert lancien gouvernement, & rendre à cette villeson indépendance. Le Monarque Suédois ne fut que trop secondé danstoutes ces conquêtes, par les villes même quil conquéroit : toutes vou-loient saffranchir de la tyrannie, ou du moins changer de tyrans : enfin le> Comte de Tilly croyant trouver fur les bords du Lech une situation avan-tageuse, sy campa, & y fit élever des retranchements; mais il nen étoitpoint dimpénétrables à 1 audace des Suédois ; Gustave ose lattaquer & ledéfit; Tilly frappé dun boulet à la cuisse fut transporté à Ingolstadc, ilmourut. Ce guerrier malheureux, mais habile, commit peu de fautes &cependant essuya beaucoup déchecs ; mais la postérité na point jugé sestalents par ses succès, & la placé parmi les grands Généraux.

Gustave entra vainqueur dans Augsbourg , y rétablit la Religion Luthé-rienne , se fit reconnoître Souverain par les Magistrats, & reçut deux leserment de fidélité ; mais le fils du Comte de Tilly, à qui le sang de sonpere encore fumant, enseignoit son devoir, défendit avec tant de bravourela ville dIngolstadt ce héros avoit terminé se carrière, que le Roi deSuede fut contraint den lever le fiege. Munich par contre ouvrit ses por-^Suédois UUX tes aux suédois; cette ville étoit le temple des arts; le palais du Duc,les édifices publics, offroient de tous côtés un spectacle digne de la Grece& de Rome ; des officiers aussi féroces quignorants conseillèrent au Roide livrer aux flammes tant de chefs-dœuvres des arts. ,, A Dieu ne plaise (dit-il) que nous imitions la barbarie des Goths, en détruisant de si beaux ouvrages ; le génie a le droit d etre respecté dans la guerre, lors

même

fi) Puffend. L. 3. Theat. Eurtp . T. 2. (2) Siri, Mem. ncond. T. 7. eod. ib.

'Munich