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HISTOIRE DE L'EMPIRE
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Serr. XII. mée, & on lui donna un corps de troupes destiné feulement à couvrir lafíijì. d’Ai- p ra nconie & les Provinces voisines. (1)
Walstein qu’on avoit déposé avec tant d’ignominie, & qui, dans sonexil, sourioit peut-être à l’humiliation de la maison d’Autriche, fut rap-pellé ; il rejetta quelque temps le commandement avec dédain, puis, sa-tisfait d’avoir rendu h l’Empereur outrage pour outrage, il accepta le rangqu’on lui restituoit. Ferdinand envoya des Ambassadeurs à Rome; ils ypeignirent de la maniéré la plus touchante les malheurs de l’Empire; &la ligue de la France , de la Hollande, de F Angleterre, de la Suede, &de l’Allemagne elle même, contre l’Allemagne : que la maison d’Autriche,qui, dans tous les temps, avoit été l’appui du Saint Siégé, étoit prête àêtre accablée par tant d’ennemis: ils demanderent quelques secours d’hom-mes, ou du moins quelqu’argent pour subvenir aux besoins les plus pres-sens. Le Pape leur promit un jubilé , & des indulgences sens bornes ;c’eít tout ce qu’ils en obtinrent. Quoiqu abandonné par une Cour, quidevoir lui être inviolablement attachée, quoique trahi par des amis foiblesou perfides , Ferdinand eut la consolation de voir l’Electeur de Mayence(2) & le Duc de Bavière lui demeurer fidelles, au milien de cette défec-tion générale. Tilly, en perdant son rang, sembloit avoir perdu son gé-nie ; il laissa Gustave entrer en Franconie presque sons résistance; il le vitdonner des loix dans Nuremberg, puis, côtoyant les frontières de la Sua-be, rétablir dans Donawert l’ancien gouvernement, & rendre à cette villeson indépendance. Le Monarque Suédois ne fut que trop secondé danstoutes ces conquêtes, par les villes même qu’il conquéroit : toutes vou-loient s’affranchir de la tyrannie, ou du moins changer de tyrans : enfin le> Comte de Tilly croyant trouver fur les bords du Lech une situation avan-tageuse, s’y campa, & y fit élever des retranchements; mais il n’en étoitpoint d’impénétrables à 1 audace des Suédois ; Gustave ose l’attaquer & ledéfit; Tilly frappé d’un boulet à la cuisse fut transporté à Ingolstadc, où ilmourut. Ce guerrier malheureux, mais habile, commit peu de fautes &cependant essuya beaucoup d’échecs ; mais la postérité n’a point jugé sestalents par ses succès, & l’a placé parmi les grands Généraux.
Gustave entra vainqueur dans Augsbourg , y rétablit la Religion Luthé-rienne , se fit reconnoître Souverain par les Magistrats, & reçut d’eux leserment de fidélité ; mais le fils du Comte de Tilly, à qui le sang de sonpere encore fumant, enseignoit son devoir, défendit avec tant de bravourela ville d’Ingolstadt où ce héros avoit terminé se carrière, que le Roi deSuede fut contraint d’en lever le fiege. Munich par contre ouvrit ses por-^Suédois UUX tes aux suédois; cette ville étoit le temple des arts; le palais du Duc,les édifices publics, offroient de tous côtés un spectacle digne de la Grece& de Rome ; des officiers aussi féroces qu’ignorants conseillèrent au Roide livrer aux flammes tant de chefs-d’œuvres des arts. ,, A Dieu ne plaise„ (dit-il) que nous imitions la barbarie des Goths, en détruisant de si„ beaux ouvrages ; le génie a le droit d etre respecté dans la guerre, lors
même
fi) Puffend. L. 3. Theat. Eurtp . T. 2. (2) Siri, Mem. ncond. T. 7. eod. ib.
'Munich